lundi 14 juillet 2014

Le jour où j'ai découvert que j'étais high-maintenance

C'est la Nord-américaine qui parle. Celle qui a besoin de son petit confort, de sa tranquillité et de ses 8 heures de sommeil. Celle qui vit à Montréal dans un bel appartement propre, qui se deplace en vélo et qui fait venir ses légumes bios des fermes sur le toit.

D'abord, je fus choquée pour moi-même. Choquée par Yogyakarta, complètement folle et étouffante. Je ne me voyais simplement pas survivre aux 5 prochains jours, pendant lesquels je finirais assurément renversée par un scooter ou étouffée par une crise d'asthme (sans etre asthmatique). Puis, quand j'ai cessé de me regarder le nombril, je fus choquée par l'environnement dans lequel vivent ces millions de personnes, la densité de population étant impressionnante sur Java. Tout a l'air de fonctionner à pleine capacité: les marchés, les bus, les magasins. Les routes sont congestionnees du matin au soir et c'est toujours le rush hour, partout.

Nous restons dans une petite maison en retrait des boulevards de Yogyakarta, avec une joyeuse maisonnée de colocataires dont l'âge est difficile à estimer. Ici, les gens ont l'air d'avoir entre 15 et 35 ans. Il y a une tranche d'âge qui s'appelle "jeune adulte". Après, impossible d'être plus précis!
Bref, la maisonnée. Niveau de confort frisant le zéro absolu. Une matelas et un oreiller aux odeurs difficiles à decrire. Un bordel apparemment organisé pour celui qui l'a créé et des piles d'albums de finissants qui traînent partout, car on est en presence d'un concepteur d'albums de finissants! La ménagerie comprend également des animaux exotiques (petits et grands lézards) et d'autres qui le sont moins (souris, moustiques et fourmis rouges) qui se font un plaisir de manger la bouffe laissée sur le comptoir toute la nuit.
Et la nuit, personne ne dort. La nuit, c'est tous les amis qui viennent travailler dans cet univers de geeks d'ordi dont la journée de travail commence à 22h.

Finalement, dans tout cela, à travers mon choc de Nord-américaine, quand je me suis habituee un peu à la ville et à la maison, j'ai fini par voir les gens qui nous accueillent: Ganjar, l'air complètement zen et toujours aidant, se faisant un plaisir de nous initier à la culture et la gastronomie locale. Son coloc, Ivan, un guitariste à la voix douce qui ne dort ni la nuit ni le jour, suit en général Ganjar, et a trouvé en Alex un autre fan de musique métal comme lui.

Alors que je faisais mes gros caprices de Nord-américaine hors du luxe et de l'opulence, je me suis rappelée que des gens vivent ici bien plus que quelques jours. Que la faune qui cohabite avec eux n'est pas temporaire. Quils partagent cet espace restreint toute l'année, et que si ça sonne bien stéréotypé, la petite maison en retrait du vacarme des motocyclettes est finalement un havre d'humanité dans l'expérience déroutante de la ville.

(Outre l'expérience humaine et matérielle, nous étions ici pour des raisons essentiellement touristiques évidemment. Nous venions visiter les temples de Borobudur et de Prambanan, situés un peu en dehors de la ville. Le premier est un temple bouddhiste absolument fantastique. Ironiquement, les bouddhistes ne font que 1% de la population indonésienne.
Le deuxième est un complexe de temples hindous avec quelques éléments bouddhistes, à cause du mariage entre un prince hindou et une princesse bouddhiste à l'époque. Cela donne un mélange assez étonnant.)

La partie plus culturelle tire à sa fin, et nous nous envolerons dans deux jours en direction de Lombok, ou le programme est chargé et où nous passerons cinq jours en mer puis deux jours à escalader un volcan.

mercredi 9 juillet 2014

Singapour: oh je te ressens!

Le processus de matantisation bien entamé a cause d'une job à temps plein et la trentaine me guettant, la pensee de cette nouvelle péripétie à l'autre bout du monde me donnait des sueurs froides. Apres l'Europe dans son detail, les Ameriques, le Moyen-Orient et l'Afrique, Alex et moi avons décidé de tenter l'Asie. Les souvenirs de mes périples sud-américain et africain sont frais dans ma mémoire, mais pourtant, ces appréhensions, ces doutes qui empêchent bien des gens de partir me tenaillaient bien avant le départ. Tous ces voyages ne m'avaient donc rien appris?

Puis vinrent les heures d'avion, la bouffe d'aeroport, le décalage horaire, le choc thermique du milieu tropical combiné a l'abus de climatisation : bienvenue à Singapour! Mon expérience de voyageuse ne me sert vraiment à rien: je suis fascinée par ce que je vois, je suis eberluée même, parfois même choquée! Je me sens comme une adolescente qui constate encore une fois (je reste une adulte qui a fait ce constat bien souvent) l'étendue de son ignorance du monde.

Tout ici me fascine: les gratte-ciels tout droits sortis du futur, la culture locale résolument métissée, les règlements qui encadrent chaque détail de la vie collective et les amendes absolument disproportionnées, la culture culinaire qui ne ressemble à rien de ce que je connais déjà malgré deux années de vie commune avec les Indiens de Parc extension. (Et Parc ex ne m'aura pas préparée à Little India, et loin de là! Choc culturel total!) Nos deux hôtes surfent sur cette réalité depuis deux ans, et je ne peux qu'admirer leur capacité d'adaptation!

Soit, Singapour est un peu le New York d'Asie du Sud-Est, le niveau de développement étant absolument extraordinaire par rapport a celui de la région. L'eau est potable, les hawkers (ou la cuisine de rue) sont de bonne qualité, les voitures sont toutes neuves, les gens sont des cartes de mode. La ville est magnifique et il semble que tout ce qui est possible de faire pour améliorer la qualité de vie est fait.

C'est une ville où la culture traditionnelle côtoie la modernité d'une façon que j'ai rarement vue auparavant. Par contre, si Singapour se vante de sa propreté par exemple, on ne peut pas dire qu'elle soit le royaume de l'egalite des chances. Comme dirait mon hôte (interprétation libre): "Singapour n'est propre que parce qu'il y a toujours quelqu'un pour ramasser la crap des autres". Si en général on paie peu d'impôts ici, le système de taxation sur les objets de luxe comme les voitures fait en sorte que les riches paient quand même pour la collectivité quand ils veulent shower-off.

Tout de meme, après 4 jours seulement, j'ai l'impression d'avoir découvert un autre univers et je remets à contribution mon sens de l'observation qui était en veilleuse depuis bien longtemps, profondément endormi dans ma routine quotidienne montréalaise. (Mon sens de l'observation est tellement réveillé maintenant, qu'il "m'insomnise" et m'empêche de reprendre le dessus sur mon décalage horaire de 12 heures. Mon horloge biologique est sans dessus dessous, et je passe d'oiseau de nuit à early bird en 24 heures.) Les odeurs de durian, les nouvelles saveurs à chaque repas, la chaleur humide et le sommeil irrégulier, tout cela fait que Singapour n'est pas qu'une expérience culturellement intéressante, c'est aussi une ville qu'on ressent physiquement.

samedi 10 août 2013

Les aventures de Nanou et Alex dans les uropes.

Une petite entrée de blogue pour donner des nouvelles et pour éviter à quelques malheureux un récit long et ennuyeux de notre voyage.

Ça a commencé dans le froid et la pluie, la Norvège  venue à ma rescousse après avoir avalé trop de smog de Montréal. Des montagnes plongeant dans la mer, un soleil qui semble ne jamais vouloir complètement s'effacer, le crépuscule faisant office de nuit pendant 3h avant que le jour ne reprenne ses droits. Des blonds, partout, grands, tout en muscles, joggant partout et tout le temps, un peuple fier de son héritage, de sa richesse, de son caviar en tube et du coût de la vie absolument hallucinant. J'y ai pêché 3 énormes poissons des bas-fonds des fjords, exploit que j'ai répété à qui veut bien l'entendre pendant le dernier mois.

Puis le Danemark, voisin tout en plaines mais pas moins magnifique, avec sa capitale éclatée, ses habitants hauts en couleur et  nos amies Mette et Anne, qui nous logent, nous initient à la culture locale, à la bouffe danoise, ma foi délicieuse et méconnue, nous présentent des gens chaleureux et tellement serviables. Nous sommes conquis.

Puis un retour en terrain connu pour nous deux: l'Allemagne. Là, d'Hambourg à Munich et en passant bien évidemment par Miltenberg, nous revoyons des visages bien connus, je revis ces quelques moments importants de ma vie où j'ai enfin cerné mes  propres limites, ou j'ai connu celui que j'espère être le père de mes futurs enfants. Nous sommes partout accueillis comme des rois, on mange et on boit tout ce qu'on nous offre et on se réjouit de la baisse importante des prix à la consommation. :)

Puis, retour aux montagnes.

L'ascension durera deux heures. Le poids de nos sacs à dos rend le tout parfois difficile. Je ne sais pas combien pèse mon bagage, mais pendant la montée j'ai parfois l'impression de traîner sur mes épaules mon propre poids. C'est à pic, c'est pénible, Alex essaie de m'aider mais il a aussi son propre stock à monter. Au bout de deux heures, le chalet apparaît, puis plus tard le visage chaleureux de raffaela qui n'en croit pas ses yeux. D'une promesse faite en Afrique à aujourd'hui, il s'est passé un an. "On te l'avait  dit qu'on viendrait, non?"

L'épopée m'a laissé un autre mal de dos en héritage, mais cest bien typique, j'en ai un par voyage.

Les montagnes nous plaisent, et l'été y est plus frais, et ô chance, nous y avons un autre ami: Markus est à Davos, en Suisse, et nous attend à la gare après nous être farcis un voyage de 12 heures.

C'est ma 3e visite à Davos mais la 1e d'Alex. Il est conquis. Markus est un excellent ambassadeur de ses montages et de la cuisine locale. Il nous promène partout, me fait son célèbre risotto et nous rappelle à quel point la suisse est géniale.

Après quelques jours, nous quittons la fraicheur des alpes et nous nous aventurons dans la chaleur étouffante de l'Italie. Ça vaut la peine: Remo, qui nous attend à piacenza, par sa seule présence arrive à nous faire oublier les 40C de température ressentie. Ça lui prendra 5 min, après les retrouvailles, pour arriver à nous faire rire à gorge déployée avec toutes ses histoires rocambolesques!

C'est la 6 e fois que je vais le visiter depuis que je l'ai connu il y a 7 ans, et je comprends bien pourquoi. Alex et moi on tire tres vite une conclusion: c'est l'Italien le plus cool du monde.

Des pâtes, du proscuitto, du vin, amenez-en, l'Italien est complètement obsédé par sa sacro-sainte bouffe et nous le sommes tout autant. Une cuisine assez conservatrice et simple, le mieux étant l'ennemi du bien, nous en avons pour notre argent et nous nous regalons. Nous passons aussi l'essentiel de nos journées à la piscine publique, histoire de survivre à la chaleur!  Puis il y aura Cinque terre et le difficile retour à piacenza, aventure que je raconterai aux intéressés, le départ d'Alex pour Montréal après une nuit d'à peine deux heures, puis un bref passage dans la magnifique ville de gènes, avant mon dernier arrêt, Nice.

Nice, c'est comme un autre monde. On dirait que sous le ciel au bleu intense, la patience n'existe pas, les gens sont émotifs, stressés, voire mélodramatiques, ce qui me fait sourire. La meilleure bouffe au monde, les sels  parfumés, les confiseries, le Niçois est fier mais semble avoir bien du mal à tolérer son semblable. Cette impression me viendra dans le train entre l'Italie et la France, et ne me quittera plus. J'ai aussi le bonheur de retrouver mon amie Valérie, connue il y a 4 ans à Munich, et qui soufflera ses 30 chandelles lundi! C'est une bonne raison de revenir ici pour une 3e fois!

Le retour approche et j'ai une de ces rages de magasinage. C'est l'endroit parfait pour dénicher des cadeaux pour toutes les occasions et je fais des réserves!

Des pensées chargées d'école me reviennent, j'essaie de ne pas penser au boulot qui m'attend à mon retour, avant la rentrée.

En 5 semaines, les nuits se sont dangereusement allongées, les temps a filé sous les  bons soins de ces amis qui la plupart du temps sont trop loin, et cela m'a convaincu qu'il fait bon revoir les mêmes endroits 2 ou 3 ou 6 fois quand c'est pour ceux qui ont marqué à leur façon une époque de notre vie. On se reverra peut être dans 3  ans!

mercredi 15 août 2012

L'essentiel

Le titre me fait penser a une chanson de Ginette Reno. Vous allez comprendre, j'y arrive.

Le periple acheve et au moment d'ecrire ces lignes, j'ai deja fait ma derniere nuit de camping et je suis dans la grand'ville, a Pretoria, capitale administrative de l'Afrique du Sud et ville plus securitaire que "Joburg" ou je dois prendre mon avion de retour.

C'est le temps de la retrospective, de tout noter les souvenirs avant que le temps ne les efface. C'est le temps de raconter l'essentiel, ces raisons pour lesquelles on voyage dans le vrai monde et non pas seulement dans les livres. Ces details qui frappent et destabilisent, qui remettent tout en question, temporairement, trop temporairement, avant de revenir une fois pour toute dans le train-train montrealais.

C'est le temps de les ecrire ici, en esperant que cela vous donne l'envie de venir vivre vous-memes l'experience africaine.

Ce que l'Afrique est:

  • Culturellement riche et passionnante
Nous sommes de complets incultes sur les cultures africaines, et notre ignorance nous a irresistiblement nuit lors de notre sejour. Les nuances, les particularites des vetements et des maisons, les accents, les dialectes, tout cela nous a echappe, confondant tout pour une seule et unique identite, celle de l'Africain, celui qui parle une langue que l'on ne comprend pas et vivant dans une hutte en terre et en paille.

Pourtant, c'est dans la musique, langage universel, que nous avons pu saisir certains traits regionaux distinctifs. La musique entendue a la radio, ou les danses traditionnelles vues au hasard lors du periple ont su nous parler, nous ouvrir une infime fenetre sur la richesse culturelle africaine, cultures en voie d'extinction pour la plupart, avales qu'ils sont par le mode de vie occidental, beaucoup plus commode selon nos standards.

Ceci, meme en ecrivant pendant des heures, meme en etant specialiste de la question, meme en etant Tolstoi (non je suis loin d'avoir termine Guerre et Paix, tome 1), je n'arriverais pas a transmettre l'essence des traditions des tribus croisees sur la route.

  • Vaste
7500km plus tard, Pretty Dirty Bitch n'aura parcouru qu'un territoire infime du territoire africain.

Toutefois, on imaginait un territoire desertique etendu a l'ensemble de l'Afrique, un grand desert blanc, mais nous fumes surpris par la diversite des reliefs, des climats, de la faune, de la flore qui peuvent changer completement sur une distance de moins de 50 km!

Ce vaste territoire nous a rappele les infinies distances sur territoire canadien, car en Namibie la densite de population doit etre equivalente a celle du Quebec, sauf qu'eparpillee sur l'ensemble du territoire.

  • Contradictoire
Partout, c'est le meme paradoxe. Sur la route, on apercoit ces villages de maisons en terre et en paille sur plusieurs kilometres, puis a notre arrivee en ville, l'architecture est resolument occidentale. La difference campagne-ville est plus forte que partout ailleurs sur la planete il me semble.

Plus loin, on apercoit un lodge dont l'architecture est calquee sur celle des villages... aires ouvertes, structures en bois, toit en paille, artisanat local mais luxe infini, le faste et l'opulence, l'homme blanc y est roi et est pret a payer 300 euros la nuit pour dormir sous le toit de paille.

On y voit en plein desert des piscines creusees, des toilettes absolument impeccables.

Le touriste a apporte sa maison en Afrique, sa cuisine, son mode de vie, car il est pret a decouvrir le monde, mais pas a n'importe quel prix. Pas au prix de son confort, ca non.

  • Fondamentalement raciste
Le Blanc ordonne, le Noir obeit. Ce paradigme datant de l'epoque coloniale semble etre toujours tres actuel... dans le tourisme, par exemple. Nous sommes recus comme chez nous et les traits culturels africains acceptes sont ceux qui nous apportent un certain plaisir... la deco, par exemple.

Il existe toujours une division, des endroits frequentes par les Blancs, d'autres frequentes par les Noirs, les Blancs ont peur des Noirs, les Noirs se mefient des Blancs, les accusent de tous les maux.

En dehors du Botswana qui investit plus massivement en education qu'ailleurs (meme que l'Afrique du Sud), il semble que ce constat est la pour rester, car l'education devrait etre l'une des cles, selon moi, pour eliminer ces differences et ces incomprehensions mutuelles.



Ce que l'Afrique n'est pas:

  • Pressee
 La notion du temps est autre et il faut s'armer de patience....... parce..... que....... ils...... sont...... pas..... presses.

Il m'est meme venu a l'esprit a quelques reprises, devant l'air beat de certains employes lorsque je m'adressais a eux "Mais il est completement idiot ou quoi??"

Ca fait partie du deal. Ils sont pas presses. La barriere linguistique y est certainement pour quelque chose, l'absence de structure educative accessible n'aidant en rien. L"anglais est la 2e, la 3e langue de certaines personnes et il est parfois ardu de se faire comprendre.

Par contre, apres avoir echoue a me rappeler seulement du mot "bonjour" en setswana alors qu'on me lk'a enseigne genre 5 fois, je me suis mise a comprendre que ce n'etait pas une question d'intelligence!

Donc on prend notre mal en patience, on explique encore et encore, on se fait repondre quand ca leur adonne et on se rappelle qu'on est chanceux de pouvoir visiter leur pays, car le contraire ne serait pas possible!

L'experience des douanes.... est un souvenir penible qu'il vaut mieux eviter pour pas que je gache ma journee!

  • Une cure de rajeunissemment
 Le sable sur la peau, dans les cheveux, dans la soupe, dans les pates, dans l'eau, l'odeur du sable dans la douche, le sable sous les ongles, le sable dans les souliers, les pieds noirs de sable, l'eau qui coule brune quand on se lave les mains, le sable, le sable, ce partenaire de voyage inoubliable!

Le sable vous vieillit la peau en un clin d'oeil, le sable + le soleil et vous gagnez 20 ans d'age! Des mains noires en permanence, c'est le prix de faire du camping aussi longtemps et de faire la bouffe avec un bruleur qui carbure a l'essence!

Les douches quotidiennes sont tranquillement devenues facultatives, puis un luxe quand je me suis retrouvee seule! Pour ce qui est des vetements propres... eh bien mes jeans marchent tout seuls et sont tout pres de demander a avoir leur propre identite pour participer au prochain recensement. Ils vont prendre le chemin de la poubelle au retour, apres un longue vie de voyages de toutes sortes! (7 ans de loyaux services, ce n'est pas rien!!)

Hier, pour la premiere fois en 27 ans, pour feter la derniere nuit de camping d'une longue serie, je me suis pointee dans un centre de beaute pour recevoir mon premier facial a vie. Et j'ai pris le kit complet: facial super complet, exfoliation des mains et des pieds, traitement a la boue, massage et aromatherapie. Mon budget beaute d'un an y a passe, mais ca a valu la peine alors que j'en vois un seul me juger!

  • Silencieuse
J'ai parle du silence. Le silence des hommes. Mais le silence de la nature, lui, n'existe pas. Le vent dans les branches, les plaintes de l'hippopotame qui ressemblent etrangement a un rire de sorcieres et qui resonnent toute la nuit, le coq, pres des villes, qui se met a crier des qu'il pressent qu'un moment donne peut-etre ca va etre le matin, et les oiseaux qui suivent, qui nous font tout un concert, immanquablement, chaque matin, ou que nous soyons.

Le silence de la nature est bien souvent de mauvais augure, il precede l'attaque d'un predateur et les animaux s'en mefient. Rares sont ceux, chez les humains, qui supportent le silence complet tres longtemps. Il en est de meme chez les animaux.

Les bruits, les sons, ils sont faciles a oublier... particulierement ceux de la nature, qui se cachent si bien derriere l'activite humaine. Son silence est rare mais magnifique. C'est l'un des secrets les mieux gardes sur la Terre... il ne faut que savoir ecouter.

----------------------


Je reste avec 3 gars, de jeunes ingenieurs, dans un mignon appartement en banlieue de Pretoria. J'ai quelques projets pour les prochains jours, dont celui de faire du pate chinois pour mes hotes qui s'en regaleront j'en suis certaine, en grands carnivores qu'ils sont.

Je retourne Dirty Bitch demain et je peux vous dire que j'ai le coeur gros... Personne ne sait autant qu'Alex, Rafaella et moi-meme a quel point la Sonic de Chevrolet est une bonne voiture, endurante, stable et solide. Elle devra encore supporter mes frasques de conductrice debutante de transmission manuelle qui doivent certainement lui nuire, mais elle est capable d'en prendre, notre auto!

D'autres nouvelles dans quelques jours!

mercredi 8 août 2012

Wild Wild Africa



Apres une experience plus ou moins agreable aux douanes du Zimbabwe et la visite des chutes Victoria, Alex a finalement pris son vol de retour et j’ai repris la route en direction du Botswana. J’ai divise le parcours en troncon de conduite d’environ 300 a 400km par jour au maximum, histoire de ne pas passer tout mon temps sur la route et de me rendre a Pretoria dans les temps.

Premier arret a Nata, ville qui devrait etre qualifiee de village, et meme de “rue”, simplement, dont la principale attraction est un immense desert de sel.

Vous vous mourrez d'envie de savoir mon impression sur le desert de sel, non? Eh bien j’en ai pas la moindre idée, etant donne que je n’ai jamais reussi a trouver l’entree pour s’y rendre, la receptionniste du camping etant trop aidante et attentionnee pour la ligue (not).  J’ai senti la-bas un serieux mal du pays, et vraiment j’envisageais la suite a la limite comme mon arret de mort. L’equation est simple: douane du Zimbabwe qui te suce tout ton cash + 2 heures d’attente aux douanes du Botswana + amoureux qui part + desert de sel introuvable + receptionniste bête comme ses pieds + ATM tous vides =  mort assuree, c’est bien connu!

Le soir, j’ai appele mon couchsurfeur de Maun, l’arret suivant, pour organiser mon arrivee chez lui le lendemain. Et soudainement, juste d’entendre sa voix enjouee et confiante, ca m’a fait du bien, ca m'a calmee et j’ai repris confiance que je survivrais a l’aventure. J’etais donc au volant de Dirty Bitch le lendemain a 8h, petit the en main, toujours vetue de mon pyjama, prete a parcourir les 400km qui me separaient de Maun, ville dont le principal interet est son acces au delta de la riviere Okavango, un milieu humide extraordinaire a la faune extremement riche.

Les indications sont plus ou moins faciles a suivre en Afrique. Le trajet vers la maison de Robert (mon couchsurfeur) qu’il decrivait comme extremement facile, s’est avere etre un periple en soi, mais je suis finalement arrivee dans sa charmante petite maison. Le courant a immediatement passé entre nous et je m’y suis sentie instantanement comme chez moi. Son cote tres multiethnique (il est ne en Tanzanie, a grandi en Angleterre, puis est demenage au Botswana apres ses etudes pour y partir sa propre agence de voyage specialisee dans les safaris. Il parle anglais, mais egalement francais - tres bien -, italien et setswana, la langue locale) m'a plu immediatement, et c'etait comme si je me retrouvais dans la maison d'un ami de longue date. Le soir, mon hote m’a invite a voir le talent show du village qui a lieu a tous les 2 ans et nous avons passé la soiree au bar ou se tenait l'evenement. 

Maun y a definitivement gagne son titre de “drinking town with a safari problem”.

Le talent show

Ce spectacle auquel participait les gens du village ne me disait absolument rien au debut pour la simple raison que je ne connais personne ici. Mais plus la soiree avancait, et plus des numeros completement fous defilaient.

Nous avons eu droit a une performance absolument hilarante de ballet en tutu rose par les pilotes d’helicopteres et d’avion de la region, dont les visages serieux semblaient dire, devant le public en delire:  “ben qu’est-ce que vous avez a rire? On a tellement travaille fort!” Puis,  une parodie de The Sound of Music, ou les differents personnages du film s’etaient transformes en bavarois douteux et en sadomasochiste bedonnant au corsage debordant. (Un beau monsieur tout en chair et en pilosite campait le personnage, evidemment).

J’etais absolument morte de rire. La soiree qui a suivi a donne lieu a des discussions bien interessantes  et ma qualite d’etrangere a la ville m’a bien aidee a tisser des liens. J’ai appris une quantite de choses sur les lions, sur les villages botswanais, sur les effets de la crise economique dans la region, sur les mines de diamants, et sur j'ai pu faire une etude sociologique sur les comportements masculins/feminins dans les bars.

En effet, moi qui est habituée a veiller seule a ma propre securite lorsque je voyage (sans offense mon amour, mais je suis un peu plus epeurante que toi ;) ), j’ai realise au fil de la soiree que le nombre de mes “protecteurs”, qui semblaient toujours veiller au grain et repousser les indesirables qui m’entouraient, augmentait. Cela a donne lieu a certains malentendus et m’ont fait comprendre un cote plus obscur de la vie en Afrique, et meme au Botswana qui a la reputation d’etre tres securitaire pour les femmes.

Ce cote plus humain du voyage m’avait enormement manqué, et j’ai realise que c’est exactement ce genre de soiree que je recherche a chaque voyage, ce type de rencontres absolument inspirantes. J’ai passé de longues minutes a observer les gens interagir entre eux, a tenter de comprendre, parfois vainement, l’accent afrikaans de certaines personnes, a tenter de dechiffrer ces liens invisibles qui unissaient la communaute multiculturelle de Maun de facon si forte, et qui m’a pris sous son aile de facon quasi-instantanee. Nous avons cette fois ferme le pub a une heure decente (a 3h, et non pas a 11h comme a Swakopmund) et je me suis finalement couchee a l’heure ou normalement je me leve depuis un mois, au lever du soleil.

Aujourd'hui, c'est journee de repos, parce que demain, je pars possiblement en safari dans le delta (c'est encore a reserver). Cela ne durera que 24h, mais ce sera une excursion en canoe! (ben en genre de canoe africain). Il semblerait que le delta est la plus grande attraction du Botswana alors je me gate!






jeudi 2 août 2012

Chasseurs de tete


Lever du rideau.

Premier acte.

Un troupeau de zebres s'approche de l'etang. Ils sont une cinquantaine, divise en deux groupes. Un qui s'avance, et l'autre qui demeure a l'arriere. C'est le coucher du soleil et la fraicheur du soir enveloppe enfin la savane. Au loin, on voit d'etranges silhouettes se dessiner et il est encore difficile de savoir ce que les prochaines scenes nous reservent.

Apres avoir bu de l'eau et s'etre trempe les sabots dans l'etang, le troupeau de zebres s'ecarte et laisse passer le deuxieme. Il y a des bebes, a l'imposante criniere et aux grands yeux naifs. On voit enfin arriver les gnous.

Meme scenario. Ils laissent les animaux devant eux terminer avant de s'avancer.

Puis, le clou du spectacle. A l'horizon on voit de long cous effiles qui semblent venir vers nous. Des giraaaaaaafes.

La girafe est definitivement le plus cool animal de la planete.

Elle prend un temps fou a evaluer les environs de l'etang. On attend impatiemment le moment ou elle va enfin boire, mais on est vulnerables en buvant, quand on est une girafe!

Finalement, apres s'etre bien assuree qu'aucun animal n'etait dans les environs, elle ecarte laborieusement ses pattes de devant et penche son cou..... et Raf et moi on rit, on rit on meeeeurt de rire. On s'en etouffe presque a force de retenir nos eclats de rire, pcq cela jurerait tellement avec le silence environnant, et chasserait definitivement notre girafe.

Mais voir boire une girafe est imbattable. Enfin, voir un bebe girafe boire doit vraiment l'etre. Heureusement pour tout le monde, on n'a pas eu la chance de voir ca.

Sont passes a l'etang en notre presence: une hyene, des chacals, des gnous, des springboks, des gemsboks (des antilopes), des rhinos, des petites poules noires qui courent partout, et tatatatatta un gigantesque troupeau d'elephants. Ils devaient etre 50. Avec des bebes, des ados, des mamans, des papas. Ge-ni-al.

Nous n'avons plus notre pareil pour identifier les animaux que nous voyons. Alex veut desormais se faire appeler Rhino-Alex, et moi j'ai vraiment decide que la girafe etait mon animal prefere.

------------------------------------------------------------

Nous avons perdu une mousquetaire! En fait, definitivement cette fois. Nous l'avions deja perdu temporairement, pendant 2-3 jours en raison d'une insolation du a "Namibie-je-ne-boirai-pas-de-ton-eau" double d'une mauvaise grippe, mais cette fois, Raffaela, notre Autrichienne preferee, est retournee a Cape town puis passera les 2 prochains mois en Autriche.

Pretty dirty bitch a parcouru pres de 5000 km en sa presence, ce n'est pas rien!

Nous retiendrons plusieurs moments marquants partages avec elle. Par exemple:

  • Endurer les commentaires antisemites, sexistes, racistes, bref inappropries et discriminatoires de notre couchsurfer de Luderitz, dans le sud de la Namibie.
  • Admirer des peintures millenaires sur le roc dans la region du Spitzkoppe.
  • Secourir un 4x4 en detresse avec PDB qui s'en est tiree comme une championne.
  • Fermer un pub allemand a 22h un samedi soir, pcq le samedi est la journee la plus tranquille pour sortir en Namibie.
  • Faire du pouce sur 90km pour secourir PDB qui etait en detresse dans le milieu du desert.
-----------------------------------------------------------------

Groupe, pour les photos, il va falloir attendre la fin du voyage. Alex est la a cote a me regarder ecrire en tentant vainement de camoufler son impatience, et les ordinateurs avec connection internet sont vraiment difficiles a trouver. Le taux de penetration d'internet en Afrique que je connaissais deja me saute finalement en pleine face, et je peux passer une semaine sans voir l'ombre d'un ordinateur. On reste dans des campings et c'est un peu la rancon de la gloire de vivre une vie sauvage pendant 6 semaines.

On prend par contre beaucoup de photos et on a tres hate de vous montrer les bebes elephants.

Nous sommes rendus dans le nord du pays. Ici, c'est vraiment l'Afrique. Si on avait encore l'impression d'avoir ete dans des endroits marques par la colonisation, le nord de la Namibie est beaucoup plus traditionnelle avec ses villages de petites maisons en bois et en paille. Nous nous rendrons bientot aux chutes Victoria, et ce sera la fin du voyage pour Alex.

J'aurai ensuite 10 jours pour parcourir 2000km du nord du Botswana a Johannesburg, mon dernier arret.

Pretty Dirty Bitch tiendra le coup. En tout cas, j'espere.

samedi 21 juillet 2012

"Bande de chacals, vous allez mourir comme des chacals." - Entendu dans Asterix et Cleopatre



Quelques constats sur la Namibie

#1 Mon incompetence a conduire manuel sur la voie de gauche ne me causera visiblement pas de grands malheurs. L'etat des routes risque de me faire pas mal plus de problemes.

Bonne nouvelle: je peux conduire manuel. Mauvaise nouvelle: les quelques personnes nous ayant dit que les routes de la Namibie etaient super belles avaient visiblement tort... c'est archi faux depuis 1 an. La raison? LA compagnie qui etait chargee d'entretenir les routes a commence a manquer d'argent il y a un an, donc il lui etait difficile de renouveler son equipement. Au meme moment, une loi a passe qui a fait en sorte que ce n'est que de nouvelles machines d'entretien qui pouvaient servir.

Ainsi, la compagnie en question a du se debarrasser de ses vieilles machines qu'elle ne pouvait plus utiliser, et elle a depuis a peu pres 3 machines pour entretenir les routes de tout le pays.

La Namibie, c'est pas mal grand.

Les routes non-pavees sont legion, et ce genre de routes necessitent un entretien particulier, comme vous vous en doutez.

Resultat: PDB (notre voiture) a subi une crevaison, puis le reservoir a huile a ete perce. Pas de grands malheurs jusqu'a maintenant, les garagistes ont su trouver des solutions temporaires, mais on panique un peu quand on doit se taper des centaines de kms sur des routes non-pavees dont l'etat est totalement aleatoire.


#2 La ville offre definitivement quelques avantages sur le plan des loisirs et sur le plan pratique, et nos virees en ville sont souvent plus que necessaires. Mais la nature sauvage offre trois grands spectacles quotidiens qu'on a tendance, a tort, a bouder: le lever du soleil, le silence, et le coucher du soleil.

Par exemple, hier, nous avons conduit des heures sur une route absolument pitoyable. Cela faisait une heure qu'on devait avoir croise un camping pour y passer la nuit, le soleil se couchait (et il n'est pas recommande de conduire apres le coucher du soleil) et nous etions desesperes.

Un terrain plat pres de cette route peu frequentee, apres avoir passe un canyon magnifique, nous a promis une belle nuit sauvage. On s'est regardes, et on s'est dit "bah pourquoi pas?"

On a plante notre tente, on s'est prepare un petit lunch de harengs, et puis on leve les yeux au ciel...

Meme en Amerique du Sud, je n'avais jamais vu pareil ciel etoile. Aucune lumiere. Nous etions a des kilometres de la ville la plus proche. Seulement nous trois, le ciel, le silence.

Et puis... HHaaaaNNNHHANNNN. Pocpocpocpoc.

Au secours!! La panique!! Certains qu'un troupeau d'antilopes courait sur nous, on est alles se refugier dans la voiture.... et finalement rien. On relaxe, on va se coucher.

Le lendemain, en reprenant la route et en riant de l'episode de frayeur de la veille (peur de petits antilopes cutes, c'est pas glorieux), nous apercevons, tout pres de notre site de camping...... une centaine d'antilopes!! Eh ben! On avait raison!!

Honnetement, il y a des chacals dans la region, donc c'etait peut-etre pas la meilleure idee. Mais entre conduire la nuit en Namibie (avec PDB en plus), et peut-etre tomber sur un chacal, ben le mieux c'etait de camper et prendre le risque. Et quel ciel! Et quel silence! Et quels lever et coucher de soleil!!





#3 Les especes d'animaux les plus communes et les plus souvent apercues jusqu'a maintenant: les petits antilopes (springboks), les gros antilopes (geemboks), les chacals, les autruches.... et les Allemands.(bon c'est une blague)

La Namibie est une ancienne colonie allemande, et une destination tres prisee par les Boches. Partout, on parle allemand, afrikaans et anglais presque couramment. Les touristes non-europeens sont tres rares ici, et nous faisons clairement baisser la moyenne d'age, car en general ce sont de vieux couples de retraites tres fortunes qui viennent ici.

Je crois aussi que d'aucune facon on pourrait faire tout ceci a plus petit budget. Ils misent definitivement sur le tourisme de luxe et les gens ici sont tres habitues a faire monter les prix a leur avantage, il semblerait. Le cout de la vie est donc assez eleve, et encore plus dans les sites touristiques.




C'est tout pour aujourd'hui! Des photos viendront eventuellement!!