lundi 16 juillet 2012

Pretty dirty b**ch

Nouvelle partenaire de voyage, nouvelle destination, nous voila sur la route de la Namibie a bord de notre petite Chevrolet 2012 bleue electrique, automatique, conducteur a droite, conduite sur la voie de gauche, alouette! Nous lavons rudement mise a lepreuve dailleurs. Nous avons du constater notre premiere crevaison au bout de 48 heures seulement. :( Heureusement, nous etions au camping et quelquun est venu nous porter secours. Nous avons pris des notes sur la marche a suivre pour changer un pneu, en vue de la prochaine fois (pcq il y aura certainement une prochaine fois!)

En quelques jours seulement, nous avons parcouru pas loin de 1500km en incluant notre periple dun jour au Cap de Bonne Esperance. La region du Cap nous reserve toutes les saisons en une seule journee, et je voudrais que quelquun me rappelle que la prochaine fois que jai lintention daller me pointer au point le plus au sud dun continent en plein hiver, eh bien que je mequipe en tuque et mitaines egalement! Toutefois, ce fut absolument magnifique et nous avons vu la des paysages a couper le souffle...
Rafaella, une tres motivee Autrichienne a pris part au voyage et sera avec nous jusquau debut du mois daout. La compatibilite a tout de suite ete constatee avec plaisir. Elle fait du camping avec nous malgre un sac de couchage clairement pas efficace contre le froid, n a pas froid aux yeux, ne cede jamais a la panique et surtout, elle me parle allemand lors de nos looooongs trajets en voiture. Jai limpression que mon annee en terre allemande me revient tranquillement en memoire et c est une excellente nouvelle!!

Nous avons deja vu des animaux sauvages, ouioui!! Des gnous (je pense que c est ca), un genre de chien/renard/loup bizarre, des chevaux sauvages, des gazelles, et tatatatatatata........ des zeeeeebres!!!! Oui 5 zebres!!! On etait ben enarves!!

Bon, cest court mais intense!! Desolee! Les acces a internet sont plus rares que prevus!!  La prochaine fois je me force!

Et finalement, les photos!!!









jeudi 12 juillet 2012

Les rois du train

Le train arrive. Lequel? Il y en a qui vont vers le nord, vers le sud, ou peut-etre que c'est vers l'ouest ou vers l'est. Aucune indication. Aucun tableau qui nous dise ou on s'en va. Dans notre banlieue tout pres du "Eco village" (aucune idee du lien entre la situation de notre hostel et le "eco" du terme), les trains vers Cape town nous semblent aller vers des destinations aleatoires qui nous echappent completement.

Un controleur nous indique que ce train-LA va vers Cape town, vu notre tronche de touriste (savez-vous combien de Blancs il y avait a la gare ET dans le train? Deux. Nous.) On embarque. Ca grince. On se serre le derriere l'un contre l'autre. On se dit que cette chose va surement derailler d'un moment a l'autre.


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Mon homme connait deja Cape town pour y avoir passe 3 semaines avec un ancien crush, et il fait son joe connaissant depuis le debut. Toutefois, son experience de touriste est assez limitee. En effet, Monsieur ne sait pas comment se situer dans la ville, ni trouver les principaux lieux d'interet. Le taxi est de mise. Par contre, en ce qui concerne les principales regles de securite de l'Afrique du Sud, il est tres bien outille.

Regle #1: Ne jamais marcher dehors le soir, meme si tu as 100m a marcher. Tu prends un taxi.

Nous restons en banlieue, le eco village, comme je disais plus tot. La particularite de cet endroit est que les animaux de ferme y sont permis, en pleine ville. Ca veut dire que le matin, on se fait reveiller par des coqs. Le soir, de notre tente, on peut voir une quarantaine de chevaux rentrer au bercail apres avoir vaque a de vagues occupations dans la journee. Dans lhostel, il y a des chats, des chiens, un veritable petit zoo a la salubrite remise en doute mais au personnel tres sympa a l'accent incomprehensible.

En A du S, et particulierement a Pinelands, si tu as faim apres le coucher du soleil, tough shit. Ou commande une pizza en livraison. Tu mets pas un seul pied dehors a la noirceur, on te promet l'abus sexuel ou le vol a main armee. Donc pas beaucoup d'options pour nous. Si tu es au resto et que tu appelles un taxi, on vient t'escorter jusqu'au taxi pour s'assurer que tu te fait pas assailler dans les 2 metres qui separent la sortie du resto de la portiere du taxi. Ici, ca rigole pas.

Regle #2:  S'assurer que le taxi sache ou il s'en va, avant qu'il parte en peur avant de faire 50 fois le tour de la ville avant qu'on realise qu'il a aucune idee de sa destination.

Been there, done that.

Regle #3: Ne jamais prendre les transports en commun.

La question raciale est ma foi toujours presente ici. Un Blanc semble avoir beaucoup de difficulte a faire confiance a un Noir. Ici, c'est frappant: les Blancs sont les clients, et les Noirs sont les employes. Dans les restos du centre, la clientele est blanche avant tout, et TOUS les employes sont noirs. Les differences ethniques et raciales sont marquees, sont soulignees, sont omnipresentes.

Des bidonvilles entourent la ville. On ne parle pas de HLM. On parle de toits en tole, de rues en terre, de brebis dans les rues. (Bon apres le Eco Village, ce n'est pas choquant) Alex me disait que les gens vivant dans les townships n'ont pas d'identite aux yeux du gouvernement. Les recencements ne s"y rendent pas, ainsi le nombre d'habitants de l'Afrique du Sud est toujours un estime. Ces gens n'ont acces ni a un no d'assurance sociale, ni a une couverture de sante, ni a aucune forme d'education. Ils n'existent pas pour le gouvernement sud-africain. Ici, les riches ont tous les droits. Les pauvres, eux, ne sont rien.

Ne vous meprenez pas. A l'epoque de l'apartheid, un Noir prof d'universite pouvait se faire cracher dessus par un concierge blanc. Maintenant, la discrimination est strictement economique, mais on constate que l'heritage historique a laisse clairement un certain groupe au pouvoir, groupe minoritaire en nombre, mais possedant clairement les moyens financiers. Ils roulent en Mercedes, en BMW. Ils ont de superbes condos dans le centre de la ville, en bordure de mer, sur le flanc de la Table Mountain, pres du stade de la Coupe du monde. Ils quittent leur maison par le garage super securise, traverse la porte de la cloture surmontee de barbeles, se rendent ainsi a leur destination en toute securite et ne mettent jamais le pied dehors.

C'est cette classe sociale qu'Alex a connu lors de son dernier passage a CT.

Cape town est une ville magnifique, qui vit au pouls du lever et du coucher du soleil et qui condamne tout etranger a se faire crosser par tous les chauffeurs de taxi a perpetuite a la nuit tombee.

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Aucun tableau qui indique le quai du train pour Pinelands, dis-je.

Valse hesitation quant a la possibilite de demander notre chemin a quelqu'un parce que tout le monde le sait, ce sont tous de dangereux criminels qui prennent le train.

"Oui mais mon amour, sinon ca se peut qu'on se rende jamais."

Alors voila, on demande. On pile sur notre racisme d'occasion.

Premiere chose qu'on sait, c'est qu'on commence une belle conversation avec un monsieur a propos de notre voyage en Namibie, il nous donne des conseils sur les routes, sur notre itineraire, resouds certains problemes qu'Internet n'avait pu resoudre, et puis 2 personnes se joignent a la conversation, et cela en s'assurant que nous descendrons bien a Pinelands au moment venu.

On s'est trouve stupides de douter autant, d'embarquer dans cette mefiance plus ou moins fondee. Ca a ete liberateur de faire confiance.

A notre arrivee a Cape town, on se serrait les fesses l'un contre l'autre en evitant d'attirer trop l'attention. A notre depart, on s'est senti comme les rois du train.

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A venir: samedi, depart vers la Namibie!! Beaucoup, beaucoup de kilometrage a venir.



dimanche 1 juillet 2012

Aux dernières nouvelles...


... j'étais revenue d'Allemagne, j'étais un peu toute déboussolée, j'étais cassée, bref toute une galère pour débarquer finalement dans mon collège de tites filles que j'ai adopté, jupettes à carreaux incluses dans le package deal

Ça fait 2 ans, et là ça a repris. Les fourmis dans les jambes et une folle envie d'aller voir ailleurs si j'y suis. Si ON y est, parce qu'un nouveau joueur, Alex, m'accompagne cette fois dans l'aventure.

Dans une semaine, jour pour jour, ce sera le départ pour l'Afwik pour une durée de 6 semaines. Oui, il y a des avantages certains à être prof et à profiter d'éternelles vacances!

Question de vous mettre l'eau à la bouche les enfants, voici un peu l'itinéraire: 


Nous partirons de Cape Town, et nous y louerons une voiture pour traverser la Namibie et le Botswana. 

Les arrêts en Namibie: le Fish canyon, le désert du Namib, les petites villes côtières de la Skeleton Coast (et ça a l'air qu'on y parle allemand et c'est une excellente nouvelle), le parc Etosha (où on espère VRAIMENT voir des girafes pi des tizanimos), Windhoek (la capitale) et les chutes Victoria (du côté du Zimbabwe. À partir de là, je vais partir à la recherche d'un billet de banque de Zimbabwe, car l'inflation a semble-t-il tellement dévalué la monnaie que le billet peut à peine contenir tous les zéros de la devise.  Ça deviendra un outil pédagogique pour parler des conséquences de l'inflation!)

Alex repart au Québec à partir de Livingstone au Zambie, et moi je file au Botswana. J'ignore encore mon itinéraire, mais tout ce que je sais, c'est que je ne sais pas comment conduire manuel, et que je vais devoir non seulement m'y risquer, mais en plus conduire à gauche, et me rendre à Pretoria (Afrique du Sud) pour reporter notre engin avant de reprendre l'avion.

L'objectif est de revenir saine et sauve pour la rentrée scolaire le 22 août.

Bon, s'il vous venait l'envie de me dire que je suis chanceuse pi que les profs on a des vacances et tout le flafla, je vous répondrai que je ne chômerai pas sur place, ooooh que non. Je serai en mission pédagogique pour mon cours de géographie culturelle, et je m'amuserai follement à récolter tout objet et/ou information susceptible d'alimenter mon chapitre sur l'Afwik. Un prof n'est certes jamais en congé vraiment!

Ainsi, dès le 10 juillet (il faut se donner le temps d'arriver), nous commencerons à alimenter le récipient à nouvelles que vous êtes en train de lire, peut-être avec un peu d'ennui pour le moment (oui, je n'ai rien à dire quand je suis au Québec, la routine), mais j'espère bien avec un certain intérêt plus tard.

N'hésitez pas à nous donner des nouvelles d'ailleurs, parce que toute seule dans ma petite voiture dans la savane, je risque de me sentir bien seule à certains moments!

P.S.: Un petit mot sur l'accompagnement musical: le groupe Die Antwoord est un groupe sud-africain qui s'exprime, disons, dans un langage cru. Alex décrit cela comme du "ninja rap" et on voit qu'en Afrique du Sud, ils n'ont pas peur du mélange des cultures!
Fidèle à mon habitude, je voulais mettre une musique appropriée à la destination, elle l'est, mais ne vous offusquez pas des paroles qui le sont un peu moins!


mardi 27 juillet 2010

Por eso me quedo


Il se tenait droit, le sourire fendu aux oreilles, un bouquet de lys à la main - pour la thématique- au milieu du brouhaha de l'aéroport, des départs et des retours et de centaines de gens qui transitent par là pour toutes ces raisons qu'on ne connaîtrait jamais. Il avait parcouru ces kilomètres un peu par solidarité, parce qu'on devait se rencontrer à mi-chemin entre Québec et Zürich, ce mi-chemin étant l'aéroport de Montréal. Ses yeux me fixaient avec assurance, anticipant la fatigue accumulée des dernières heures et aussi la tristesse d'avoir perdu le petit être poilu le plus important du monde entier, mort de sa belle mort à 15 ans, deux jours auparavant.

J'étais là, sans trop comprendre ce qui se passait, alors qu'au matin je déjeunais en allemand avec la grand-maman de Markus.

Un constat: j'ai tout ce qu'en Allemagne je n'avais pas. Des amis. L'amour. Une famille.

Cependant, ici, je n'ai rien de ce que j'avais en Allemagne. Un logement. Des meubles. Un emploi. Et pourtant, je m'en fous.




Tout le monde a déjà secrètement souhaité tout reprendre à zéro.

Un an plus tard.

Je cherche un emploi dans nouveau domaine d'enseignement, avec une clientèle nouvelle. Dans une nouvelle ville. Nouvel appart avec de nouveaux colocs. Nouvelle chambre hippie avec seul un matelas au sol et des boîtes servant pour le moment de tables de nuit. Nouveau vélo. Nouvelle vie sociale. Nouvelle routine qui se construit lentement dans cette ville que j'ai délibérément choisie, sous le regard de celui qui ne m'a plus quitté depuis le bouquet de lys.

Aller-retours Québec/Montréal. Lui, il me manque à chaque seconde car j'ai l'impression qu'il arrive à se tenir bien droit au milieu de ma vie qui se place et se déplace encore autour de nous, sans jamais basculer, sans jamais s'inquiéter, brillant d'une confiance sans faille en nous, alors qu'il y a si peu de temps j'étais sur un autre continent, seule, sachant que je devrais tout refaire à mon retour, avec ou sans lui. J'ai espoir mais pour l'instant je flotte entre les possibles, j'attends de voir la terre ferme au loin et je tiens le mât.

Les étapes jalonnant le retour sont les mêmes à chaque fois, peu importe les événements. Après l'enthousiasme, il y a un peu de nostalgie, le sentiment de s'être perdu en cours de route tout compte fait, même le désir de repartir. Heureuse nouvelle que ce ne soit pas le cas pour moi, cette fois, parce que le désir de bâtir durablement ma vie ici est trop forte. Je veux seulement des meubles. Un emploi. Être amoureuse sans tambours ni trompettes, parce que c'était génial d'être seule dans les quatre dernières années, mais que le 3 mai 2010 à 12h33, c'est devenu incontournable d'être deux.

vendredi 11 juin 2010

Aus Italien nach der Schwiiz

Papa et Maman ont bien aimé leur court séjour en Italie qui était aussi la clôture de leur voyage avec moi. Ils ont tenté l'expérience vénitienne et surtout, l'expérience friulana, telle que je vous l'ai décrite déjà à plusieurs reprises dans ce blog lors de mes nombreux passages chez mon adorable Remo. Leur séjour québéco-belgo-italien a été ponctué de belles rencontres (mes parents ont adoré ses parents qui ont été tellement accueillants, comme toujours), de délicieux repas, de superbes visites... on a forcé un peu ma mère à marcher, mon père à manger, mission accomplie pour Nanou qui s'était donné cet objectif. Ils en ont même oublié mon pauvre pitou resté dans sa pension et qui semble avoir pris 20 ans de vie de chien pendant ces deux semaines. Lâche pas mon bébé doux (il est aux bons soins de maman maintenant.)

Après leur départ, j'ai poursuivi ma route vers Piacenza, petite ville à environ 40 min de Milan où Remo travaille. Oui, je le suis comme son ombre ce garçon! Comme à son habitude, il a été un hôte parfait malgré son horaire chargé, me faisant découvrir la vallée des Appenins et m'amenant manger la meilleur bouffe italienne du monde... Jouissance! Une tomate n'est plus une tomate, je vous jure! Les gnocchis sont totalement... sublimes. J'aime l'Italie, j'aime la bouffe, j'aime Remo grazie grazie grazie la vita.

Puis, direction Davos.


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Être chez Markus, c'est se sentir un peu à mi-chemin entre la Suède, la Suisse et le Canada.

Superbe maison suisse entourée de magnifiques monts enneigés... alors que devant elle, un drapeau suédois haut-perché flotte avec le vent. Maurus, petit (géant) frère de Markus, m'accueille lui aussi avec son chandail des Canadiens.

Être invité par Maman Kehl, encore plus blonde que ses deux fistons, à manger de la fondue au... poisson (nonon, pas au fromage!) délicieuse dans son charmant cottage, les pieds chaussés de pantoufles bleu/jaune à l'effigie du pays scandinave, alors que le tout le monde se parle en suisse allemand (totalement incompréhensible, j'y reviendrai). Elle sort du four son gâteau à l'aide de mitaines à four... à feuilles d'érable.

C'est se réveiller le matin, vêtue du plus "petit" chandail de Markus (pas trop le choix encore, j'affiche mes couleurs de Canadienne) et monter voir les Fistons Kehl qui, au lieu d'étudier, se prélassent confortablement devant une partie de foot (jeux vidéos) où la Suède affronte un après l'autre tous les pays du monde.

C'est écouter cet étrange dialecte en permanence sur fond de musique suédoise, puis Markus qui doit tout m'expliquer dans son anglais presque parfait appris... au Canada.

Je me sens chez nous, mais pas trop! :)

Quelle satisfaction tout de même de rencontrer sa famille pour la première fois et de POUVOIR leur parler en allemand, alors qu'à presque pareille date l'année dernière je ne disais pas un seul mot! Évidemment, comme ils détestent les Allemands, à part la mère de Markus et son copain, ça semble leur coûter énooormément de me parler dans la langue de Goethe. Tout de même, hier au souper, j'ai pu montrer à mon hôte que j'étais pas si mauvaise que ça, car MÔsieur refuse de me parler en allemand en général, s'en tenant à l'anglais pour les conversations courantes et au français quand je lui donne des cours particuliers et lui explique des règles de grammaire (et il adore ça, huhum).

Il a tout de même dit à sa mère: "Quand Anaïs parle allemand avec son accent, c'est erotisch. Quand elle parle français, elle est sadistisch!" Trop sévère, la prof? :)

Tout de même, maintenant je comprends à quel point l'allemand suisse n'est pas de l'allemand. Même en tendant l'oreille et en écoutant avec attention, j'arrive à peine à capter quelques mots comme "aussi", "mais", "je", "merci". Impossible, je vous dis. Hier, je tentais de comprendre au moins le sujet de conversation des autres convives, en fin de soirée. Je croyais qu'on parlait de foot, vu les mouvements de bras et les élans de protestations de mon cher Markus et de sa famille. Il s'arrête, se tourne vers moi et me dit (comme s'il lisait dans mes pensées, mais pas moi dans les siennes): "on parle du manque de respect de la population envers la police suisse, tu sais, ici... bla bla bla..." Alors le suisse allemand et moi, on repassera. :(

Familles multilingues que j'envie.

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Mardi prochain je m'envole pour le Canada, endlich, après 11 mois exactement de séjour sur le continent européen. Je suis bien curieuse de savoir combien d'entre vous a suivi mes aventures sur ce blogue du début à la fin. On constatait, mon futur époux et moi, qu'un dixième des lecteurs laissent des commentaires sur les blogues. Je dirais dans mon cas que c'est moins vu la durée du séjour à l'étranger. Qu'à cela ne tienne, mention d'honneur cet année pour Jess qui a fait de son mieux pour laisser un petit mot le plus souvent qu'elle le pouvait, à mon plus grand plaisir!!

Jessica, ma plus vieille amie (20 ans déjà!), ma plus fidèle, ma meilleure, je suis contente de n'avoir presque jamais ressenti ton absence par ces petits mots que tu laissais de façon régulière! Merci! :D

Autres amis, Ge, Ge et Ge (!!), Alex, Seb, Éli, mes parents et mes sistas, merci de ne pas m'avoir laissé vivre tout ceci toute seule dans l'anonymat! Le temps vous manquait parfois, mais ces petits mots/emails/messages m'ont fait extrêmement plaisir à chaque fois... Si je vous avais tous près de moi à chaque voyage, je serais toujours partie... mais je suis bien contente de vous retrouver tous en même temps dans mon cocon québécois confortable!

Ce fut donc un extrême plaisir d'écrire ici, encore une fois, par le biais de ce média formidable. Évidemment, mes nouveaux potes de langue autres que le français non pas pu voir les références que je faisais à leur endroit, mais bon, le français est une langue formidable pleine de possibilités et puis je déteste l'anglais (c'est dû à une infirmité bien évidente... je parle dans la vie courante, mais pour la littérature anglaise, on m'oublie).

On se revoit donc la semaine prochaine...!

mardi 1 juin 2010

Entre les murs

Soirée un peu folle avec Papa et Maman (désespérée), puis Fiston qui prend la relève… Manque de jugement, aucune peur, aucune appréhension. Des souliers troués dans la pluie et le sommeil vous amèneront toujours en terrain connu…


Plancher pourri, foutoir, bric-à-brac, désordre désorganisé, balcon couvert de merdes de pigeons… Murs plein d’histoire, murs qui respirent… Franchir le pas de cette porte et retrouver une partie de moi-même restée entre ceux-ci. Une partie de moi dans cette pièce au fond du couloir, souvenirs des nuits blanches de juillet, des amis partout qui échouent et à qui on apporte un thé au lever, lumière tamisée derrière les arbres, manque de pudeur… et de vertu, pigeons qui roucoulent, marteaux piqueurs, attentes interminables, larmes, résolutions incessantes et vaines… et larmes. C’est une partie de moi qu’il me faisait plaisir de retrouver pour mieux la laisser derrière, constatant avec délectation que l’indifférence avait finalement eu raison de ma relation d’amour-haine avec Munich.

Reproduire certains de mes plus grands plaisirs : discuter jusqu’aux petites heures avec celui qui serait mon meilleur ami si - (avec les « si » on mettrait aussi Paris en bouteille, fack on oublie ça) - si, assise sur le comptoir de la cuisine, un thé à la main, on discute pour rien, parce que c’est la dernière fois. Échouer ensuite dans la chambre de Fiston, l’entendre roooonfler aux corneilles, j’ai le sourire aux lèvres (parce que j’entraîne ma patience), le nez contre le mur qui empeste toujours la poussière, j’attends l’heure d’un lever plus potable pour lever les voiles. Je m’endors…

8h, le cœur au bord des lèvres. Meilleur ami appelle un taxi (parce que Fiston ne se réveille pas pour les nausées), bye bye Hans-Sachs Str. 7. Mes derniers excès munichois avec mon papa la veille auront eu raison de mon foie ce matin. Ouf… Pas mécontente d’avoir une chambre d’hôtel douillette qui m’attend et que mes parents ne soient pas témoins de ma verdeur.

Bye bye Hans Sachs Str. 7, mon premier cocon bavarois.

Bye bye Bavière. Wir werden uns wiedersehen… Vielleicht.


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Des nouvelles de Papa et Maman?

Papa en connaît plus long sur l’Allemagne que sa fille apprenti-bavaroise supposément historienne à 2 cents. C’est en connaissant mon père qu’on constate l’étendue de son ignorance… voulez faire le test? Mon père remarque le moindre petit détail en matière d’architecture, d’urbanisme, de mécanique automobile… et non seulement il ne parle pas allemand, mais en plus il n’avait jamais mis les pieds sur le Vieux Continent. Je traduis ce qu’on me dit et lui il répond : « ouioui je sais. » Je m’occupe donc des détails techniques : se nourrir, dormir, se déplacer. Pour le reste, le guide c’est Papa.

Maman est la meilleure des complices en matière de bouffe et d’aires de repos. Quand il est temps de trouver un bon resto ou un endroit pour chiller, sie ist dabei. Les châteaux, c’est plus son truc. Elle aime ce qui est bon et beau. Mon père aime ce qui est beau, ce qui est historique, mais pour ce qui est « bon », il possède une idée bien arrêtée qu’on essaie d’élargir un peu… ça marche, il adore les schnitzels et les knödel. C’est bien, c’est nouveau et c’est plus allemand que les patates pilées.

dimanche 23 mai 2010

Miltenberg, mon amour


Un quart de siècle plus tard.

Je soupçonne les oiseaux de chanter plus fort à Miltenberg que nulle part ailleurs. Véritable vacarme, c'est comme si on avait assis sur chaque branche des arbres un minuscule soprano prêt à vous déballer en boucle son récital du dimanche. La région est creusée de vallons, les collines verdoyantes se teintent par moment de fleurs dont la couleur s'essoufle alors que le printemps avance... au loin le soleil est sur le point de s'épancher sur l'horizon, teintant de rouge les quelques rares nuages brièvement ensanglantés, mourant anonymement alors que l'obscurité prend la place qui lui revient.

Franconie, tu me manqueras.

Mon 25e anniversaire, je l'aurai passé à te savourer tranquillement d'ici, les yeux perdu dans ton ciel parfaitement bleu, dans les souvenirs de Glühwein, de cuillère miltenbergeoises et de cuisine collective... Papa et Maman en arrière-plan se bousculent dans la cuisine pour préparer le thé et servir le Rotweinkuchen à mes rares invités, dont mon élève turc qui est arrivé les bras chargé du premier gâteau qu'il ait fait seul de sa vie. Immenses portes vitrées, toits en pente où les têtes se frappent irrémédiablement, soirées solitaires, enveloppée comme je l'étais dans une épaisse couverture sur le balcon, innombrables currys ou recettes manquées, désagréable facture d'électricité, je n'arrive pas à croire que je quitte après tout ce temps pour n'y plus jamais revenir.

Quitter le Poigerstraße 16 c'est un peu accepter l'évidence qu'il existe une vie après l'Allemagne. Je l'avais planifiée déjà alors qu'elle semblait loin, maintenant que je suis à la veille de l'entamer je n'y crois pas une seconde, je ferme les yeux une autre fois... je pense aux volcans de l'Islande et à Nabuchodonosor, aux Alpes suisses, aux canaux de Venise, aux sopranos dans les arbres et à la Bratwurst, à la vie qui me réserve bien plus encore que ce qu'elle m'a généreusement donné jusqu'à présent, je n'arrive pas à y croire, ma vie à moi commence, vraiment? J'ai eu 25 vies différentes dans les 25 dernières années, comment est-ce possible qu'elle me réserve davantage de surprises alors que j'en ai eu mon lot déjà.. non? C'est ça qui est merveilleux finalement: la vie, on en fait vraiment ce qu'on veut et elle a un potentiel illimité.