Une page est tournée.
Dramatique, n'est-ce pas? Drastique. Pourquoi pas, j'ai toujours aimé les sorties triomphantes. Revenir à Munich pour aller chercher le reste de ma vie sur deux roulettes, et prendre part du même coup au party d'adieu de la belle Valoche-apprenti-catalane, ça donnait le ton, vous trouvez pas?
Le reste de ma vie, c'est cette lampe qui servira de phare et cette théière, dénichée dans un bazar, pour ramener les souvenirs... Les beaux. Les magnifiques souvenirs. Les rires. Ceux qu'on rappelle en riant au-dessus d'une tasse de thé fumante.
Les feuilles d'automne tombaient sur Munich... un vent frais, un bruine de fines gouttelettes qui caresse le visage. Les mêmes coureurs le long de l'Isar, le même trajet, traverser le pont puis par les sentiers, "allez Nanou!! on va dans les trails, en pleine ville!! Ridicule..." Refaire le parcours, lentement, chaque arbre se dénudant, sans pudeur, une danse grandiose juste pour moi, juste pour eux, ceux qui courent là tous les jours, comme je l'ai fait, un temps... Une certitude, une décision, un vrai choix, pour une fois, pour une fois que je prévois quelque chose, que je sais où je m'en vais, en fait je vais nulle part ou plutôt partout mais je ne vais plus à Munich, voilà j'aurais pu y revenir sans cesse, ma ville d'adoption, Glockenbachviertel, le Deutsches Museum au loin, l'eau qui coule et moi qui voudrait la suivre, et où elle va la rivière avec tous ces cygnes qui vous menacent la gueule ouverte et les canards harcelants revendiquant du pain pour le peuple?
Arrive-t-il parfois de n'avoir plus rien à dire... à une ville?
Je n'ai plus rien à dire à Munich.
S'y perdre. Tout de même. One last time.
Se perdre dans un miroir sans faille
Se perdre une boussole sur le coeur
Se perdre dans ses propres mots..
S'y perdre jusqu'à la venue du jour, puis lui dire au revoir, sans s'attarder. Puis, tout n'est qu'attente, attendre le train qui viendra, mais plus tard, "attendre en attendant" un sommeil improbable, attendre de revenir à la maison.
Ce soir-là.
J'ai déposé le pied dans la gare de mon bled, le teint blafard d'une insomniaque. J'étais suivie de mes deux roulettes, de mon phare et de mes magnifiques souvenirs... Je me suis dit: Petite Nanou, tu es chez-toi, c'est ici.
1 commentaire:
C'est beau.
Peu importe les kilomètres qui nous séparent, une chose est sûre, j'attends ton retour ma chérie!
Mais...Prends ton temps, les messages que tu déposes sur ton chemin sont savoureux et les leçons de vie qui s'en dégagent ne peuvent qu'être bénéfiques...!
Bisous! J't'♥!
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