dimanche 25 octobre 2009

De la distance

* Ich bereue nichts, Silbermond


La première fois, c'était dans un hostel au Portugal, j'avais 20 ans. Il m'avait dit: "Ah tu es Québécoise! Ça veut donc dire que tu ne parles ni français, ni anglais correctement." J'aurais dû me méfier. Un peu naïve et pas très rancunière, j'ai passé les 4 derniers jours de son court séjour avec lui.

Puis, 6 mois plus tard, Londres, Stroud, la campagne anglaise et Noël en famille. La Belgique, le nord de la France, le nouvel an à Bruxelles. Découverte importante: sous cet accent charmant se cachent parfois des personnages grossiers, mais finalement attachants.

L'hiver à Paris.

La dernière fois que l'on s'est vu, c'était dans une ruelle de Marrakesh, après avoir passé 10 jours à traverser le pays du nord au sud. Nuit glaciale dans le désert, dromadaires, tajines, marchés d'épices, thé vert à la menthe et hammam traumatisant. Ruelle ensablée. Je monte dans le taxi après l'avoir serré longuement dans mes bras. Ce n'est qu'un au revoir.

Puis, l'eau a coulé sous les ponts. Ce que vous savez déjà, dans mon cas. De son côté, deux voyages en Amérique du sud, et l'Asie, et a vécu plusieurs mois en Afrique, au Portugal...

Deux ans et demi plus tard est apparu devant moi, à la gare de Miltenberg, un Paul transformé, même sourire fixe, dents blanches parfaites et chandail Armani, mais il a changé, mon ami-pour-la-vie. Il parle espagnol (et qu'il parle une autre langue, même imparfaitement, tient déjà du miracle. Il y a certainement une dame là-dessous!) Il dit aussi avoir vaincu ses deux faiblesses: les femmes et la bière. Il ne veut plus bouger, son rêve est de s'installer à Londres., d'y trouver un emploi, d'y faire sa vie... Il se sent MÊME prêt à s'engager auprès d'une femme. Il a 28 ans.
Malgré ma présence en pays étranger, je me sens un peu comme lui... Ah! l'âge adulte...! Ah! l'amitié...! Ah le plaisir de la platitude... ensemble! L'épreuve de la distance, quelle foutaise! C'est pour les gens fragiles... Longs après-midi à rattraper le temps perdu, à réexplorer le nouveau décor de cette nouvelle rencontre, du blabla...blabla, des avant-midi qu'on étire devant la télé munis de notre bol de céréales, on ne comprend rien et on s'en fout, ensemble, Miltenberg, tasse de thé, il est ici, chez moi, il y a sa place, j'espère qu'il reviendra.

Il reviendra.

4 commentaires:

Caro a dit…

C'est tellement beau et triste à la fois, que je ne sais pas quoi dire. Comme lorsqu'on regarde une peinture; je crois qu'il faut simplement admirer et savourer les émotions.

Bisou!

Eli a dit…

Il reviendra.

xxxxxxx

Jess Tabouille a dit…

Convertir un Anglais à la dégustation de céréales devant la programmation d'après-midi de la télé... Là, je te reconnais!! ;o)

Bisous! ♥♥♥

Unknown a dit…

Sacré Paul! Contente qu'il soit venue te visiter dans ton p'tit coin de pays..!

Ah... J'm'ennuie Na! Ça fait du bien de te lire. Profite du repos, tu as tellement été occupée avant de partir. :)

J't'adore

Va falloir que son prévois un autre skype bientôt dans mon nouvel appart.

Ge xxx