* Chasing Cars, Snow Patrols
Avant de passer aux choses sérieuses, un petit constat.
Avant de passer aux choses sérieuses, un petit constat.
- L'Allemand de 2010 (et la Québécoise aussi, par le fait même, vu sa palpitante vie sociale dans son adorable patelin) regarde(nt) la télé RTL. Son beau programme préféré?
Bauer sucht Frau.
Plusieurs histoires de fermiers bavarois qui se cherchent des femmes. Ils leur font faire des tours de tracteur pour les impressionner, les appellent "baby" alors qu'ils viennent de les rencontrer, les futures caquètent comme des poules de tant d'attention à leur égard. En dehors de toutes ces belles attentions envers la gent féminine, on voit mesdames derrière leurs casseroles en robe bavaroise, préparer un bon repas pour leur fermier bedonnant. À leur mariage, elles les remercient (ouioui je niaise pas!!) de les avoir pris! Ces femmes ont un petit teint basané qui jure un peu avec l'absence de mer qui caractérise ce beau pays... on apprend qu'elles ont été choisies par leur fermier précisément pour l'exotisme de leur origine... l'Asie. La commentatrice déclare, sans aucune gêne et aucun ton critique, que les Bavarois sont nombreux à aller se chercher une petite femme asiatique, parce qu'elles sont, et je ciiiiite "plus dociles" et qu'"elles veulent faire plaisir à leur mari."
C'est beau la cause des droits des femmes, non?
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Je voudrais avertir mon lectorat (aaah la joie d'utiliser des mots savants!) que je me trouve présentement dans un blanc d'inspiration, en plein "silence cognitif". Pas que je ne vive plus d'aventures... non en fait, j'ai tout pleins de projets pour les prochaines semaines: aller chez Markus en Suisse, chez Mani en Autriche, chez Paul en Angleterre, carnaval de Cologne, Ukraine, petite escapade dans la fameuse Forêt noire... en fait, je n'ai pas une seule fin de semaine à Miltenberg jusqu'au mois de mars. Dans quelques jours, j'aurai complété mon sixième mois en terre européenne, et c'est donc mon absence la plus prolongée. J'ignore si ça a un lien. Ce qui a un lien peut-être, c'est que c'est plus tranquille côté "rencontres inspirantes" vu que je vais revoir et revisiter des amis rencontrés lors d'autres voyages... Je retournerai dans certaines villes, et c'est une expérience particulière en soi... voir une ville pour la 2e fois, c'est comme rentrer chez soi, partout, nulle part. Je suis même en train de me laisser convaincre d'aller de nouveau à Munich... je fais la paix avec les émotions fortes de 2009, peut-être. :) Tant mieux.
Sinon, je pensais me sauver de l'hiver québécois et c'est peine perdu. L'hiver 2009-2010, c'est pour l'Europe l'hiver québécois envoyé comme un cadeau du ciel sous forme de neige, de vent et de grand froid. Sauf qu'en prime, aucune journée de soleil en perspective. Fait pas assez froid pour ça. Soit. J'ai donné à cet hiver une date limite: le 25 mars, date de début du congé de Pâques, que je passerai dans le nord de l'Espagne (je me gâte, je veux récupérer dans mon cerveau le peu d'espagnol qu'il me reste). Je me trouve généreuse et réaliste envers Mère Nature.
Le retour au travail est un peu pénible pour les élèves, vu mon manque d'inspiration qui se manifeste dans toutes les sphères de ma vie (mais vu que je travaille 12h par semaine je m'en plains pas trop), de même que le retour à l'allemand. Je commence à trouver une certaine poésie à cette langue... et même à trouver à certains Allemands du sex-appeal quand ils commencent à parler! Mes jeunes qui apprennent le français ne semble pas trouver leur langue maternelle bien mélodieuse... et pourtant. Je trouve que ces "hhhhh" et ces "chhh" et ces "aïeïoÏ" sont bien mignons dans la bouche d'une personne qui les maîtrisent... changement de cap!
Ça me rappelle ce qu'un Allemand, rencontré à Vienne il y a 3 ans, m'avait dit concernant l'apprentissage d'une langue étrangère: "c'est comme se faire révéler un code secret... au début on ne comprend rien, puis tranquillement, le message devient compréhensible..." Il faut dire qu'il savait de quoi il parlait: trois ans auparavant, il avait rencontré en Espagne une jolie femme de l'Argentine. Il ne parlait pas espagnol, elle ne parlait ni anglais, ni allemand... trois ans plus tard, ils étaient toujours ensemble! Ils avaient dû prendre leur mal en patience, trouver d'autres façons de communiquer... Au fur et à mesure où Monsieur apprenait l'espagnol, ils ont pu avoir graduellement accès à l'usage de la parole!
J'adore cette histoire, pas seulement parce que je me suis retrouvée presque exactement dans la même situation avec, aussi, un Argentin (je parlais quand même un peu espagnol au préalable!). En fait, j'adore cette histoire parce que nous nous trouvons à une époque où l'on pense qu'il suffit de raconter sa vie pour que les gens nous connaissent, qu'il suffit d'avoir quelque chose à se dire pour que naisse une complicité... et on finit par fuir le silence par peur d'un malaise. Ironiquement, étudier d'autres langues sur le terrain m'aura permis, en plus d'avoir un autre outil de communication, d'apprivoiser le silence.
2 commentaires:
Je t'aime fort ma chérie! Fais trooooop attention à toi, bon!! Désolée, le commentaire est un peu sorti de nulle part, mais c'est ÇA que je voulais dire!! BISOUS!!!
Le dernier paragraphe, c'est une bouffée d'air frais.
merci
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