Mes projets pour la fin de semaine ont changé très à la dernière minute, apprenant avec grande tristesse que mon Markus adoré, malgré sa musculature de hockeyeur et son énergie hivernale sans précédant, fut terrassé et mis en quarantaine par la très fameuse "SCHWEINGRIPPE" (prononcer ces mots comme une narration de film d'horreur) ou Grippe A, plus simplement. Évidemment, mauvaise idée pour moi de me risquer à l'attraper, étant donné que je vis dans le seul pays du monde qui se croit invincible et à l'abri, et que personne ne me dit comment la vaccination fonctionne, vu que leur réponse est "NEINIEINNEIN, ça sert à rien le vaccin!"
Ça a beau servir à rien, ça t'évite une quarantaine d'une dizaine de jours. Passons.
Adorant mon bled mais étant complètement blasée de m'y trouver depuis une dizaine de jours, j'ai décidé d'aller voir à Munich si j'y suis, ville avec laquelle j'entretiens toujours, après vérification, un rapport amour-haine troublant. Ce que j'aime de cette ville, je l'adore, je ne saurais m'en passer. Ce que je déteste par contre, je le hais profondément, et ça me saute au visage dès que j'y mets les pieds. C'est très épuisant d'aimer et de détester autant, surtout une ville, parce qu'au fond, elle se fout bien de nos opinions, n'est-ce pas? L'Isar va continuer de couler, les gens vont continuer à te saluer à coup de "Grüss Gott", et toi, tu vas continuer à y aller, comme aux prises avec une dépendance malsaine.
C'est qu'en fait, si j'étais une artiste, Munich serait définitivement l'endroit où je devrais vivre, au nom de mon art. Cette ville m'inspire, tant pour l'écriture que pour ma carrière de photographe qui est ma foi presque lancée (je blague). Elle me plonge dans un état de sursensibilité à tout, me rend profondément heureuse et malheureuse, en alternance ou simultanément si c'est possible. Je me mets alors à vouloir parler d'elle, à repasser certains merveilleux souvenirs avec nostalgie, à détester la froideur des uns, l'hypocrisie des autres. Les Munichois sont, vérification faite, loin des Sud-Américains et même des ruraux bavarois qui, malgré certains écarts comme la très sexiste émission Bauer sucht Frau sur RTL, restent somme toute amicaux.... cliché, me direz-vous. Non, plutôt incompatibilité. Certains se plaisent tout à fait dans ce contexte...!
Alors voilà, les highlights de cette belle fin de semaine: la course à l'entrée sur le site du Red bull Crashed Ice au parc olympique, pcq comme les Allemands aiment bien tout contrôler, un nombre limité de personnes pouvaient se joindre à l'événement! Charmant! Comme mon hôte (Christian, je vous l'ai présenté? Je vais le baptiser, pour éviter la confusion, "l'Allemand") et moi-même n'abandonnons pas si facilement, nous avons trouvé "la meilleure place hors site". Aussi, une longue promenade en solitaire à prendre les photos que vous avez vues plus haut, qui m'a inspiré le titre très turc "München da'Sonbahar" (Munich en hiver) et qui s'est terminé devant un thé chaï dans mon petit café préféré du Glockenbachviertel, un livre à la main. Finalement, dimanche, j'ai pu retrouver le plaisir du brunch dominical avec mon incorrigible Antoine, ivre d'enthousiasme et de plans pour notre vieillesse commune (nous avons décidé, par exemple, qu'il serait le père de mes enfants et que nous coulerions des jours heureux à Valparaiso au Chili).
Nanou et ses hommes... qui avait sorti cette phrase? :)
J'ai eu un bel exemple de rivalité féminine mal placée samedi soir, rien pour m'aider à changer mes tendances!
Sinon, je commence à avoir un horaire très chargée de fille qui passe en moyenne 4 jours par semaine à Miltenberg. Je me consacre corps et âme à l'enseignement du français et à l'apprentissage de l'allemand, à coup de tandems hors-Gymnasium, ce qui m'occupe beaucoup. J'arrive enfin à réduire ma dépendance à MTV au profit d'un apprentissage plus concret et moins "Umgangssprache" (langage familier), doublé de grammaire le lundi soir dans mon cours pour immigrants russes. Nächste Wochenende: Innsbruck.
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