jeudi 12 novembre 2009

Vantaaaaarde, je suis.

* Glaub Ihnen kein Wort, Cassandra Steen


Je la tiens, ma résolution. Ouiouioui. Je la tiens. Et je suis très fière de le dire. Vous m'avez souvent demandé ce qu'il en était, il en est que je BOTTE DES FESSES! Je parle probablement le pire allemand qu'il a été donné de parler (tout simplement parce que pour moi les genres féminin/masculin/neutre n'existent pas, c'est toujours selon mon humeur: "aaaah je me sens "masculin" pour ce mot-là aujourd'hui!", aussi parce que les déclinaisons n'existent pas non plus, parce que j'enligne des mots et j'espère qu'on comprenne... bon vous voyez le genre). Je n'ai pratiquement aucune notion de grammaire, mais je commence à comprendre tranquillement la structure des phrases et à placer les mots dans le bon ordre, donc à penser de la bonne façon, ce qui est pour moi un immense pas. Et je paaarle résolument allemand avec tout le monde, sauf mes élèves (mais vous verrez, il y a une exception).

Vous serez aussi contents d'apprendre (ceux qui se préoccupent de ma santé mentale, du moins) que j'ai enfin presque des amies de presque mon âge! Mes élèves de 20 ans m'invitent à faire des trucs et en plus, elles s'avèrent être les meilleures enseignantes d'allemand du monde. Pour vrai. J'ai commencé à parler avec elle aussi en allemand (après qu'elles m'aient promis de ne pas rire de moi) et elles m'aident patiemment, me corrigent vraiment (ce que mes collègues ne font pas toujours), et en même temps elles améliorent leur français quand elles essaient de m'expliquer certaines notions... C'est extrêmement formateur, d'un côté comme de l'autre, j'apprends plus avec elles qu'avec quiconque. Et puis les conversations sont bien plus intéressantes que les histoires de job et de correction... elles rêvent de voyages les poulettes, elles ont des projets pleins la tête, elles sont curieuses et allumées, et puis elles ont un avenir prometteur. Ça, c'est motivant! Ça vous fait presque oublier la tristesse de novembre...

Alors voilà, je suis revenue d'une pièce de théâtre faites par des élèves ce soir, ça m'a rappelé l'époque d'Albertine en cinq temps... et puis j'étais fière, fière de mes élèves qui ont fait un travail magnifique, qui y ont mis toute leur énergie et leur coeur, et qui sont ma foi extrêmement talentueuses. Et puis j'étais aussi fière d'avoir parlé allemand, fière d'avoir appris, fière de me réconcilier durant cette courte soirée avec mon adolescence, quand on pense que tout est possible, quand on ose, quand le travail ardu désintéressé ne fait pas peur.

1 commentaire:

Jess Tabouille a dit…

Je suis fière de toi ma poulette!! Bisous!!