dimanche 23 août 2009

Moments fragiles

Ça nous fait un petit mois d'amour.

Munich, hôte de nos plus grands délires sur les rives de l'Isar, il m'aurait fallu bien plus de temps pour profiter de ces soirées fraîches se prolongeant jusqu'à l'aube, noyées dans un flot de... ? mmm. :) Nous nous sommes bourrés de Bratwurst jusqu'à satiété, annulant tous les efforts de la semaine pour préserver un peu notre santé fragile, et puis nous avons échoué sur des divans défaits pour attraper au vol quelques heures de sommeil insuffisantes.

Deux filles dans une voiture. I can't eat I can't sleep anymore...waiting for love to walk through the door, I wish I didn't miss you anymore. 

C'est la nuit, on se dandine sur nos sièges, on s'amuse à trouver les différentes voix, comme je le ferais avec Petites Soeurs si elles y étaient. Munich dort à peine, c'est dimanche, à peine lundi, la ville se prépare à revenir à la vie après sa courte trève... le dimanche, quelle belle invention! En ce jour du Sabbat, on ne devrait ni même lever le petit doigt et attendre sans bouger que la vie nous rattrape le lendemain. Court moment d'abandon avant de revenir à la réalité, avant d'entendre un bipbip strident qui nous rappelle qu'on a une responsabilité envers nous-mêmes... même routine rassurante, élégants gentilshommes en complet qui s'affairent à nouer leurs cravates et à retourner au travail après avoir passé une mince journée à ne rien faire, à attendre simplement que les secondes passent en silence.

Deux filles chantent. "One of these days it's gonna happen to you, Missing a love like I'm missing you babe."  

Avoir l'impression d'être seule au monde avec une chanson, être isolée du regard des autres... Avoir l'impression que tout est possible, d'être tout-puissant. Quelques fausses notes et fous rires plus tard, nous sommes de retour "à la maison", dans mon quartier d'adoption, où se sont un jour retrouvés tous les laissés-pour-compte de la société bavaroise. Me serai sentie tellement chez moi que j'aurai même oublié de découvrir le reste de la ville, et c'est maintenant que le temps presse. Munich, cette ville qui nous paraît être un village...

L'heure approche de la séparation, devenue routine dans une vie où les chemins se croisent à peine. On se "facebook", on se marie même, on cherche toutes les occasions pour optimiser les dernières heures qui filent. C'est donc la quasi-entièreté de mon réseau social à Munich qui s'éparpillera du Caire à New York, en passant par Belgrade, Barcelone et Cracovie. Chacun fera cavalier seul sur les sentiers pleins d'embûches de l'apprentissage de l'allemand. Tout cela me ramène au principe qui veut que plus on en apprend, et plus on se sait ignorants. Mes cahiers se remplissant de notes, mes dessins, les listes de mots collés au mur et mes manuels me rappellent tous que je suis loin d'être sortie de la forêt noire de cette langue de malheur. Mon souci de parler parfaitement ma 3e langue ne semble pas être envisageable avec la 4e. Les Allemands sont heureusement très patients et ne te signalent pas les 14 erreurs par phrase que tu fais au passage. 
Qu'à cela ne tienne, la mosaïque de pays représentés à la Sommer Universität m'a encore une fois donné des idées de grandeur, de nouveaux horizons... de cafés enfumés, de thé vert à la menthe à en donner des maux de coeur et de marchés à ciel ouvert dans une ambiance chaotique. Je quitte Munich la semaine prochaine, décision coup de tête comme je les aime, pour savourer de nouveau les joies d'être dépaysée... 


2 commentaires:

Jess Tabouille a dit…

Je t'aime! Bisous!

gabbie a dit…

Allö ma Belle AnaÏs,
Voici un petit souvenir de ta maison à Québec.
Je t'embrasse,
Maman xxx

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