mercredi 8 août 2012

Wild Wild Africa



Apres une experience plus ou moins agreable aux douanes du Zimbabwe et la visite des chutes Victoria, Alex a finalement pris son vol de retour et j’ai repris la route en direction du Botswana. J’ai divise le parcours en troncon de conduite d’environ 300 a 400km par jour au maximum, histoire de ne pas passer tout mon temps sur la route et de me rendre a Pretoria dans les temps.

Premier arret a Nata, ville qui devrait etre qualifiee de village, et meme de “rue”, simplement, dont la principale attraction est un immense desert de sel.

Vous vous mourrez d'envie de savoir mon impression sur le desert de sel, non? Eh bien j’en ai pas la moindre idée, etant donne que je n’ai jamais reussi a trouver l’entree pour s’y rendre, la receptionniste du camping etant trop aidante et attentionnee pour la ligue (not).  J’ai senti la-bas un serieux mal du pays, et vraiment j’envisageais la suite a la limite comme mon arret de mort. L’equation est simple: douane du Zimbabwe qui te suce tout ton cash + 2 heures d’attente aux douanes du Botswana + amoureux qui part + desert de sel introuvable + receptionniste bête comme ses pieds + ATM tous vides =  mort assuree, c’est bien connu!

Le soir, j’ai appele mon couchsurfeur de Maun, l’arret suivant, pour organiser mon arrivee chez lui le lendemain. Et soudainement, juste d’entendre sa voix enjouee et confiante, ca m’a fait du bien, ca m'a calmee et j’ai repris confiance que je survivrais a l’aventure. J’etais donc au volant de Dirty Bitch le lendemain a 8h, petit the en main, toujours vetue de mon pyjama, prete a parcourir les 400km qui me separaient de Maun, ville dont le principal interet est son acces au delta de la riviere Okavango, un milieu humide extraordinaire a la faune extremement riche.

Les indications sont plus ou moins faciles a suivre en Afrique. Le trajet vers la maison de Robert (mon couchsurfeur) qu’il decrivait comme extremement facile, s’est avere etre un periple en soi, mais je suis finalement arrivee dans sa charmante petite maison. Le courant a immediatement passé entre nous et je m’y suis sentie instantanement comme chez moi. Son cote tres multiethnique (il est ne en Tanzanie, a grandi en Angleterre, puis est demenage au Botswana apres ses etudes pour y partir sa propre agence de voyage specialisee dans les safaris. Il parle anglais, mais egalement francais - tres bien -, italien et setswana, la langue locale) m'a plu immediatement, et c'etait comme si je me retrouvais dans la maison d'un ami de longue date. Le soir, mon hote m’a invite a voir le talent show du village qui a lieu a tous les 2 ans et nous avons passé la soiree au bar ou se tenait l'evenement. 

Maun y a definitivement gagne son titre de “drinking town with a safari problem”.

Le talent show

Ce spectacle auquel participait les gens du village ne me disait absolument rien au debut pour la simple raison que je ne connais personne ici. Mais plus la soiree avancait, et plus des numeros completement fous defilaient.

Nous avons eu droit a une performance absolument hilarante de ballet en tutu rose par les pilotes d’helicopteres et d’avion de la region, dont les visages serieux semblaient dire, devant le public en delire:  “ben qu’est-ce que vous avez a rire? On a tellement travaille fort!” Puis,  une parodie de The Sound of Music, ou les differents personnages du film s’etaient transformes en bavarois douteux et en sadomasochiste bedonnant au corsage debordant. (Un beau monsieur tout en chair et en pilosite campait le personnage, evidemment).

J’etais absolument morte de rire. La soiree qui a suivi a donne lieu a des discussions bien interessantes  et ma qualite d’etrangere a la ville m’a bien aidee a tisser des liens. J’ai appris une quantite de choses sur les lions, sur les villages botswanais, sur les effets de la crise economique dans la region, sur les mines de diamants, et sur j'ai pu faire une etude sociologique sur les comportements masculins/feminins dans les bars.

En effet, moi qui est habituée a veiller seule a ma propre securite lorsque je voyage (sans offense mon amour, mais je suis un peu plus epeurante que toi ;) ), j’ai realise au fil de la soiree que le nombre de mes “protecteurs”, qui semblaient toujours veiller au grain et repousser les indesirables qui m’entouraient, augmentait. Cela a donne lieu a certains malentendus et m’ont fait comprendre un cote plus obscur de la vie en Afrique, et meme au Botswana qui a la reputation d’etre tres securitaire pour les femmes.

Ce cote plus humain du voyage m’avait enormement manqué, et j’ai realise que c’est exactement ce genre de soiree que je recherche a chaque voyage, ce type de rencontres absolument inspirantes. J’ai passé de longues minutes a observer les gens interagir entre eux, a tenter de comprendre, parfois vainement, l’accent afrikaans de certaines personnes, a tenter de dechiffrer ces liens invisibles qui unissaient la communaute multiculturelle de Maun de facon si forte, et qui m’a pris sous son aile de facon quasi-instantanee. Nous avons cette fois ferme le pub a une heure decente (a 3h, et non pas a 11h comme a Swakopmund) et je me suis finalement couchee a l’heure ou normalement je me leve depuis un mois, au lever du soleil.

Aujourd'hui, c'est journee de repos, parce que demain, je pars possiblement en safari dans le delta (c'est encore a reserver). Cela ne durera que 24h, mais ce sera une excursion en canoe! (ben en genre de canoe africain). Il semblerait que le delta est la plus grande attraction du Botswana alors je me gate!






1 commentaire:

Jess Tabouille a dit…

Tu es la plus meilleure des voyageuses seules dans un pays inquiétant. Comme dirait Beyoncé, All the women! Independent! Ma connaissance de la chanson s'arrête ici. Bisous!!