mardi 1 juin 2010

Entre les murs

Soirée un peu folle avec Papa et Maman (désespérée), puis Fiston qui prend la relève… Manque de jugement, aucune peur, aucune appréhension. Des souliers troués dans la pluie et le sommeil vous amèneront toujours en terrain connu…


Plancher pourri, foutoir, bric-à-brac, désordre désorganisé, balcon couvert de merdes de pigeons… Murs plein d’histoire, murs qui respirent… Franchir le pas de cette porte et retrouver une partie de moi-même restée entre ceux-ci. Une partie de moi dans cette pièce au fond du couloir, souvenirs des nuits blanches de juillet, des amis partout qui échouent et à qui on apporte un thé au lever, lumière tamisée derrière les arbres, manque de pudeur… et de vertu, pigeons qui roucoulent, marteaux piqueurs, attentes interminables, larmes, résolutions incessantes et vaines… et larmes. C’est une partie de moi qu’il me faisait plaisir de retrouver pour mieux la laisser derrière, constatant avec délectation que l’indifférence avait finalement eu raison de ma relation d’amour-haine avec Munich.

Reproduire certains de mes plus grands plaisirs : discuter jusqu’aux petites heures avec celui qui serait mon meilleur ami si - (avec les « si » on mettrait aussi Paris en bouteille, fack on oublie ça) - si, assise sur le comptoir de la cuisine, un thé à la main, on discute pour rien, parce que c’est la dernière fois. Échouer ensuite dans la chambre de Fiston, l’entendre roooonfler aux corneilles, j’ai le sourire aux lèvres (parce que j’entraîne ma patience), le nez contre le mur qui empeste toujours la poussière, j’attends l’heure d’un lever plus potable pour lever les voiles. Je m’endors…

8h, le cœur au bord des lèvres. Meilleur ami appelle un taxi (parce que Fiston ne se réveille pas pour les nausées), bye bye Hans-Sachs Str. 7. Mes derniers excès munichois avec mon papa la veille auront eu raison de mon foie ce matin. Ouf… Pas mécontente d’avoir une chambre d’hôtel douillette qui m’attend et que mes parents ne soient pas témoins de ma verdeur.

Bye bye Hans Sachs Str. 7, mon premier cocon bavarois.

Bye bye Bavière. Wir werden uns wiedersehen… Vielleicht.


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Des nouvelles de Papa et Maman?

Papa en connaît plus long sur l’Allemagne que sa fille apprenti-bavaroise supposément historienne à 2 cents. C’est en connaissant mon père qu’on constate l’étendue de son ignorance… voulez faire le test? Mon père remarque le moindre petit détail en matière d’architecture, d’urbanisme, de mécanique automobile… et non seulement il ne parle pas allemand, mais en plus il n’avait jamais mis les pieds sur le Vieux Continent. Je traduis ce qu’on me dit et lui il répond : « ouioui je sais. » Je m’occupe donc des détails techniques : se nourrir, dormir, se déplacer. Pour le reste, le guide c’est Papa.

Maman est la meilleure des complices en matière de bouffe et d’aires de repos. Quand il est temps de trouver un bon resto ou un endroit pour chiller, sie ist dabei. Les châteaux, c’est plus son truc. Elle aime ce qui est bon et beau. Mon père aime ce qui est beau, ce qui est historique, mais pour ce qui est « bon », il possède une idée bien arrêtée qu’on essaie d’élargir un peu… ça marche, il adore les schnitzels et les knödel. C’est bien, c’est nouveau et c’est plus allemand que les patates pilées.

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