vendredi 9 avril 2010

Como culo y mierda*

L'Allemagne ça sent la Bratwurst et c'est parsemé de têtes blondes.

L'Espagne, ça sent la mer et les gens sont de vraies cartes de mode.

Moi, j'arrivais la tête pleine de questionnements et de problèmes fictifs comme on aime parfois s'en faire pour passer le temps, et puis voilà, il y a la mer, il y a Jade, puis Carla, il y a le vin, la bière pas buvable, le vice, la musique, Sexy Bitch (chooou! :(( ), les hommes trop pas allemands qui insistent et qui m'énervent, la mer, les filles trop espagnoles qui vous incluent dans leurs histoires farfelues de mecs ("que cabron!") et de filles-ennemies ("que zorra!!") qui deviennent mes ennemies, l'accent et les expressions qui vous font mourir de rire, des souvenirs trop lointains qui me reviennent en mémoire de l'Argentine, les rochers, les heures interminables à trouver les yeux de la mer et à relire dans ma tête Alessandro Barricco à basse voix, il y a le sable qui entre dans les souliers et le coucher de soleil qui déchire le ciel, immanquablement lorsque le jour s'épuise.

Il y a l'horaire-qui-tue: levée10h/dîner15h/souper23h/sortie/rentrée6hdumatapresunhamburger. Le jamon ibérico, le bonito, le lunch sur la plage et les gens qui courent sur le rivage; il y a le vent, la chaleur du soleil et le souffle glacé de l'ombre. Il y a Carla, avec sa voix profonde et son sens de l'humour bien à elle, ses cheveux dressés sur la tête et ses yeux cerclés de noirs, elle vous fait rire sans le vouloir, vous désespérera par son absence de notion du temps, elle vous curera de tous ces doutes qui assombrissent le regard.... ce qu'elle peut être belle la vie quand Carla a un fou rire! Il y a Jade, imprégnée par la grande ville et par son style de vie marginal, par sa manie d'être... elle, envers et contre tous, toutes ses phrases commençant en espagnol et terminant en anglais ou en français ou les deux, Canadienne-anglaise de mon coeur, réunion des trois solitudes dans la Barcelone de Gaudi, le trio devant un bocadillo, on délire, lescabronsonlesemmerdetous, l'amitié entre filles ça me manquait, l'absence de tension ou d'attentes d'un côté ou de l'autre, on est ensemble et on rit. C'est ça. Quand se retrouverons-nous de nouveau....? Et où? Sais pas. Ce que je sais, c'est que j'ai passé deux semaines parfaites avec ces deux filles, como culo y mierda, que je parle maintenant hispano-allemand de retour à Miltenberg et qu'elles me manquent.... irrésistiblement.




* Expression tout-à-fait appétissante (fiez-vous à votre intuition linguistique pour la traduction mot pour mot...!) qui veut dire "comme les deux doigts de la main".

2 commentaires:

Unknown a dit…

Hahah billet magnifique sur l'Espagne, Anaïs! Jamais je ne pourrai me débarrasser de mon accent espagnol ni oublier leurs mille et une expressions, à fond la zeta prononcée du bout de la langue!!!

J'adore te lire...j'ai particulièrement aimé tes deux billets sur l'Ukraine, un pays qui m'a toujours intrigué bien que je n'y suis pas *encore* allé.

Unknown a dit…

sois* et non suis*.
je m'auto-corrige ;)