lundi 14 décembre 2009

In den Schnee

* Blanche, Ariane Moffatt


La première neige (peut-être la dernière ici), c'est toujours un peu se rappeler que l'année tire sa révérence pour nous donner une chance symbolique de recommencer à neuf. En plus d'être d'une beauté inqualifiable, elle apporte, paradoxalement, une dose de chaleur à la période sombre et pluvieuse qui s'achève. On oublie toutes nos rancoeurs venant des années précédentes, pour un Québécois à savoir l'écoeurantite aigüe de devoir pelleter sa voiture (prenez l'autobus!!). J'aurais passé plusieurs heures ce matin là à observer, seconde après seconde, les arbres revêtir leur habit d'hiver, si ce n'était de ma hâte de laisser ma trace (au sens propre comme au figuré) à cet improbable phénomène qui survient seulement quelques fois par hiver dans la magnifique ville moyenâgeuse où j'ai le bonheur de vivre.

En ce beau dimanche, le Weihnachtsmarkt désert (le froid avait dû décourager les passants) m'a complètement charmé. Enfin! Noël se fait sentir! L'Allemagne est un pays incontournable pour le temps des fêtes: tous les villages, aussi lointains soient-ils, ont leurs propres traditions de Noël. Une collègue m'avait invité la veille à venir faire des biscuits de Noël avec ses enfants, et de partager ce moment avec une vraie famille m'a fait le plus grand bien. Ça m'a rappelé qu'entre tous ces voyages et ces nouveaux amis et ces histoires que j'ai vécues dans les derniers mois, c'était la première fois en 5 mois que je me retrouvais dans une véritable famille. Ça, c'est précieux, et ça vaut la peine de vous le rappeler, chers lecteurs, sans amertume, par contre, puisque j'adore prendre part à ces petits moments. C'est peut-être mon côté voyeur, qui sait?

Qu'à cela ne tienne, toute émotive que je suis, le film de l'année qui termine repasse dans ma tête, mais très involontairement, puisque pour cette année je suis l'heureuse récipiendaire de mes premiers regrets/remords d'adulte. Rassurez-vous, rien d'irréparable, j'ai seulement dû m'atteler à la gymnastique du "lâchez prise", autant dans ma vie professionnelle que personnelle. Nous dirons donc que je suis coupable d'avoir poussé mes limites un peu trop loin et que ma sanction a été de faire marche arrière! Ce qui me réjouit toutefois, c'est de ne pas avoir à prendre de résolutions concernant mon état physique pour 2010 (du genre je vais aller courir, ou mieux manger, etc.) alors que ça va assez bien de ce côté, ménagère que je suis devenue oblige (amendement en ce qui concerne le porc et la bière, ça on s'en tire pas)!!

Finalement, 11 mois après m'être lancée sans raison apparente dans l'étude de la langue de Goethe, j'arrive à dire tout ce que je veux, je comprends assez bien maintenant quand les gens me parlent, j'arrive à soutenir (péniblement) une conversation en allemand pendant au moins 1h, avec des gens très patients. Je crois être arrivé au point motivant de mon apprentissage: lorsque l'on devient vraiment conscient des progrès que l'on fait, au jour le jour. Je suis optimiste d'atteindre un niveau intermédiaire dans les 6 mois qu'il me reste.

Dimanche, j'ai joué à la touriste égyptienne enfermée dans sa cloche de sable qui n'a jamais vu la neige, voici un avant-goût du résultat...






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