mercredi 1 octobre 2008

Somewhere, en cualquier lugar

* Musique: Unintended, Muse


La tete dans les nuages.

Seule, encore et toujours, ou plutot en tete-a-tete avec le dieu-soleil qui s'eclipse apres une longue journee.

Si l'on en croit une legende inca, il serait ne en ce meme lieu ou je le regarde disparaitre. Autour de moi, un lac sacre, une merveille naturelle, une ile perdue au centre de nulle part ou au milieu de tout. Le vent me chuchote a l'oreille les croyances toujours vives des habitants de l'ile, et je me laisse bercer par la lumiere.

Soudain, il fait froid. Je dois partir.
Il est disparu derriere les montagnes mais je sais qu'il reviendra.

J'ai longuement pense a l'absence. A vous, qui etes loin. Ou peut-etre est-ce moi qui est loin?

A mon retour de l'ile, il y a cet ami, qui semble parfois mieux me connaitre que moi-meme, qui m'ecrit ces mots dont j'ai besoin.
"Je sais que tu m'entendras même quand tout l'univers se tait autour de toi", ecrit-il, alors que mes yeux s'emplissent de larmes. Je peux presque sentir ses bras autour de moi, son souffle dans mon cou. La Bolivie ou le monde, ou l'univers, quelle importance? J'entends distinctement les belles melodies de sa guitare, je le sens vivre a mon rythme, et moi je vis a son rythme.

Si l'on ressent tellement la distance entre nous et une personne absente, peut-etre devrions-nous nous poser quelques questions...

Est-ce elle qui est partie?
Ou est-ce moi qui ne l'a pas suivie...?

Je ne ressens ici l'absence de personne. Je suis complete et parfaitement heureuse. Les priorites sont ce qu'elles doivent etre, toute chose a sa place bien precise, les gens, la langue, nous faisons tous partie de la meme planete, nous cherchons tous a repondre aux memes questions. Il n'y a ni peur, ni inconnu. Les liens se tissent facilement et se defont aussi, en laissant une trace indelibile.

C'est peut-etre un autre monde, bien different de celui dans lequel j'ai grandi. Mon monde a moi est magnifique, unique, c'est "chez moi", mais j'apprecie celui dans lequel je flotte depuis quelques mois. Il n'est pas sans danger, il est parfois choquant, sale, destabilisant... mais il est vrai, indiscutablement vrai. Sans colorant, ni additifs. La race humaine pour le meilleur et pour le pire. A mon retour, tout ceux que j'aime auront change avec moi. Je les regarderai avec de nouveaux yeux. Et je sais que je ramenerai avec moi une petite partie du monde dans lequel j'aurai vecu...

Ceux qui voudront me voir telle que j'etais pourront le faire, je reste moi, irresistiblement moi.
Toutefois, ceux qui sauront percevoir ce petit quelque chose de different seront ceux qui auront voyage avec moi tout ce temps... Voila pourquoi je ne ressens aucune absence, aucune solitude.

Alors que je m'apprete a poursuivre mon chemin vers le sud de la Bolivie, vers d'autres immenses et aveuglants deserts, j'ai besoin qu'on me fasse confiance. Qu'on me laisse partir. J'ai besoin qu'on arrete de me dire de faire attention, d'etre raisonnable. Je sais exactement ce que je dois faire, ou je dois etre. J'ai, pour la premiere fois de ma vie, pleinement confiance en moi.





4 commentaires:

Eli a dit…

C'est vraiment très beau ce que tu viens d'écrire! Je pourrais te lire et te relire à l'infini!

En tout cas, moi, je voyage avec toi! Grâce à ton blog, tu me fais voyager dans le confort de mon salon, par de simple mots tu me transporte dans un autre monde! Merci!!!

Eli a dit…

Quand la musique de ton blog est partie, bébé Nanou a fait de grnds yeux exorbités!!! Priceless!!!

Unknown a dit…

Garde cette belle confiance en toi qui t'habite. Rien ne t'arrête maintenant.

"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux"

Ca représente bien ton voyage. Tu nous reviendras épanouie et ressourcée.

Gros bisous

Séb a dit…

"Au fond, c’est ça la solitude : s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours" ...