mercredi 19 mai 2010

Paillettes et boule de gomme

...aaah la Côte d'Azur, le soleil, le ciel bleu, les scooters, les goélans, la meeeer...

(je pourrais arrêter maintenant pour vous faire pâmer d'envie)

Bon. Objectivité. Je dis pas ça du tout parce que le temps me paraît trop moche maintenant que je suis revenue en Allemagne, la tête dans d'épais nuages qui menacent d'exploser à tout moment. Je ne vais pas faire une tirade sur la température tout de même, mais sachez qu'en dehors de ce court périple au paradis des paradis touristiques, j'ai eu les deux pieds dans l'eau (de pluie) depuis le début du mois de mai. C'est fait.

Câââââânnes. Quelques faits pour se mettre en appétit.

  • Public cible: contrairement à ce que vous croyez peut-être, Cannes attire essentiellement, durant le festival une horde de touristes qui n'a rien à voir avec le milieu du cinéma. En fait, bien qu'on réquisitionne tous les cinémas de la ville afin de présenter des films qui sont sur le point de sortir, l'écrasante majorité des gens n'en verra même pas un seul! Facture: la passe pour voir les petits films présentés dans les cinémas secondaires, hors-compétition, coûte 300 euros pour toute la durée du festival, qui est pris en charge par les entreprises. Le 95% des gens qui ne "travaillent" pas (grosse job sale de voir 3 films par jour) vaquent à leurs passionnantes occupations: monter dans des échelles dans l'espoir de voir les stars monter le tapis rouge (pour les films en compétition officielle), jouer aux groupies, prendre des mojitos à 10 euros le verre, aller à la plage. Selon les dires de mon coiffeur niçois, certaines filles attendent toute l'année le festival dans le seul but de se montrer dans leurs plus beaux atours (mini-mini-robes à paillettes, style) dans l'espoir d'attirer le regard de Brad ou que sais-je.
  • Parlons-en des coûts moyens s'il vous prend l'envie d'aller là-bas en vacances à la mi-mai: les hôtels triplent leur prix, donc une chambre à 50 euros la nuit coûte normalement 150 euros si les propriétaires sont honnêtes, mais ça peut monter à 450 euros... Il faut réserver un an à l'avance. Si vous êtes plus du style dernière minute, vous pouvez louer l'appartement d'un des Cannois qui louent le leur contre la modique somme de 1500 euros par semaine pendant qu'eux vont rester chez des amis!
  • Les voitures style Porsche, Lamborghini, Ferrari et autres et les vêtements haute couture deviennent votre meilleure arme dans cet orgie de richesses et de Very Important People, sous peine de vous faire regarder tellement croche. .... Vraiment? Je suis arrivée à Cannes avec mes ballerines à 5 euros ayant trop souffert de leur séjour dans la pluie à Augsburg, toutes éventrées qu'elles étaient au devant, et je n'ai senti de regard désapprobateur de personne... parce que tout le monde est trop occupé à se regarder le nombril et à se la péter en vous fonçant dessus avec leur gros char! Alors être bien habillé est de mise à Cannes?? Ben non! :D
  • Parlons des films en compétition et de la raison pourquoi j'ai eu ces billets de cinéma que certains Non Important Person (okok j'arrête) sont prêts à acheter pour 300 euros (c'est quand même juste pour aller voir un film en primeur tsé). À mon séjour à Nice à Noël, Valoche, ex-coloc à Munich et amie, m'a présenté un de ses copains, Benjamin, qui vit à Cannes et avec qui j'ai passé quelques soirées. Ses parents ont un hôtel. Tous les hôteliers ont droit, à chaque année, à deux billets pour le film en compétition de leur choix. Attention: c'est sur invitation seulement, ce n'est pas achetable, même si t'es très riche. Ils doivent quand même se battre pour les obtenir et doivent s'y prendre jusqu'à 6 mois à l'avance. En tant qu'opportuniste de première, quand Benjamin m'a dit tout ça, je me suis enthousiasmée... et voilà. ;) Il m'a fait la promesse qu'il m'amènerait au festival de Cannes et il a tenu parole, et moi je suis une femme comblée, en plus d'avoir passé un très bon séjour en sa compagnie et avec Audrey-Anne à Nice, une copine d'enfance. Je lui avais dit que s'il y avait un film de Pedro Almodovar ou avec Gael Garcia Bernal, j'étais prenante! Eh bien, Gael y était mais seulement en tant que spectateur, c'est Javier Bardem qui tenait le rôle principal et c'était Inarritu (Amores perros, Babel) le réalisateur. Biutiful: traumatisant, génial, troublant, excellent. Ce sera à voir (et je parie que ce sera la Palme d'or).
  • Alors oui, j'ai monté le fameux escalier en robe de soirée trop décolletée pour être légale mais tellement de mise à Cannes.

Mention spéciale à mes quatre hôtes de la dernière semaine. À Augsburg j'ai été reçue "à la russe" par un adorable Québécois, Maxime, avec qui j'ai eu de passionnantes conversations, puis à Nice chez Audrey-Anne, devenue metteure en scène, danseuse (moderne, tsé) et aussi éclairagiste. C'est sous le ciel azur qu'on s'est retrouvées changées, évoluées... mais plus ça change plus c'est pareil. Je l'aime. Puis c'est la famille de Benjamin qui m'a pris en charge, sa soeur puis sa tante (de 30 ans quand même, alors que lui en a 27!)

Tout ça pour dire que je suis revenue les deux pieds dans la flotte dans mon très jet-set Miltenberg, que je suis complètement débordée vu que je "déménage" mardi prochain, que je me suis fait organiser mon horaire par tout le monde et que je sens déjà monter le stress (un mot qui avait disparu de mon vocabulaire). Dernière journée aujourd'hui à la Realschule où on a fait mon éloge (ben oui... mes collègues avaient de la misère à m'adresser la parole durant l'année et ils ont jugé que c'était là le temps de venir me voir pour me dire qu'ils auraient aimé ça prendre un p'tit café... Ah Miltenberg!) et puis demain Gymnasium, puis après demain, Maman et Papa font leur arrivée!! J'ai hâte de les revoir, après 1 an!

Ne vous inquiétez pas, j'aurai encore quelques aventures à raconter avant mon retour prévu le 15 juin (qui vient trop vite... et trop lentement à la fois... les hommes les hommes!)



vendredi 7 mai 2010

Par delà les nuages


Cessons de me rappeler qu'il reste peu de temps. ;) (lire: cesse-je de me rappeler à moi-même qu'il reste peu de temps.)

Aujourd'hui, le temps maussade est parfait pour écrire une entrée de blog. La pluie tambourine le toit depuis une semaine... Chanceuse que je suis, j'avais un invité à la maison pour 5 jours, un jeune homme surmotivé comme il en existe peu, parcourant l'Europe et le Proche-Orient en un temps digne du "tour du monde en 80 jours". En une année ici, je n'aurai pas su faire mieux!! Il s'est joint à moi dans ma routine miltenbergeoise un peu ennuyante mais a semblé toutefois y trouver son compte, entre les dégustations de bières en compagnie de mes jeunes de 11e, les épisodes de Southpark sur mon balcon et les séances de "tentons-de-voir-l'avenir-quand-on-vivra-au-brésil-ou-au-vietnam-ou-à-istanbul".

D'ailleurs, un sujet redondant qui est revenu souvent dans nos conversations: l'Ukraine. Pour des raisons légèrement différentes, soit, mais bon les deux parce qu'on aime vraiment les Ukrainiennes. ;) Je crois tout de même que nous sommes les Québécois les plus pro-ukrainiens du monde. Justement, j'ai reçu à l'instant un message venant d'une copine ukrainienne qui vit à Kiev, m'exposant un peu la situation... Quand je suis allée à Kiev, le nouveau gouvernement pro-russe venait juste de se faire élire. Il est difficile de trouver de l'information impartiale dans les journaux ukrainiens écrits en anglais, car on admettra rarement ouvertement que la culture ukrainienne soit en danger. J'avais donc demandé à Ira de m'expliquer un peu ce qui se passait, de leur point de vue à eux. Voici donc sa réponse:

The situation in Ukraine is very sad. From the point of view of not even a Ukrainian but a Global person, I think it’s terrible and against Human Rights what is happening now in Ukraine, in Russian Federation and in many other countries. I often recollect your explanation to one of your student in Canada why Hitler can’t be a hero, and it’s very sad that here in Ukraine and in many other countries we are lacking people who have an active position for such things. And we know how easy a bad government can destroy the whole country. In two months, with our new president : the biggest industries were sold to oligarchs from Russian Federation, in Crimea, people now want to be part of Russia, one of the minister said that he is a pity that during the Soviet time the whole west part of Ukraine was not sent to Siberia. Tomorrow we will have this stupid celebration of day of Victory. Millions of people died in this war and - what is sad - for nothing, for another imperia of Stalin, who actually was collaborating with Hitler who was so stupid that he refused to believe that war against of Soviet Union was started. Instead of a day for honouring the millions of killed in the war, we will have a military parade. In Kyiv, as special guests, will come Russian army and soldiers who are still involved in a war in Chechnya and kill thousands of people. Just crazy. People don’t learn anything from their own history.

Dernièrement, j'avais suivi le dossier avec intérêt dans les médias allemands, avant de tomber sur un ou deux articles sur radio-canada.ca. Malheureusement pour ma santé mentale, j'ai eu le très mauvais réflexe de lire les commentaires qui suivaient l'article sur l'entente autorisant le maintien d'une flotte russe en Crimée, qui m'ont, comme à chaque fois, consternée par l'ignorance crasse de certains individus.


Autrement, quelques faits divers:

  • Frülingsfest à Munich la semaine dernière: un Oktoberfest en mini et un peu moins cher, beaucoup de fun et de bonnes chansons allemandes.
  • Tour de la brasserie Faust qui était prévue il y a un mois et qui avait été remise à plus tard, donc cette semaine. J'ai fait une Allemande de moi et j'ai terminé la visite avec le hoquet. une pinte de Dunkel Weizenbier à la main. Vous avez rarement vu plus chic.
  • Le volcan islandais au nom imprononçable semble faire encore des siennes. L'Allemagne et la Suisse sont en train de discuter la possibilité de fermer l'espace aérien dès demain... le Portugal et l'Espagne, c'est déjà fait. Je croise les doigts pour que ce soit réglé vendredi prochain vu que je m'envolerai pour Cannes. Faisons de la pression pour qu'ils leur mettent un bouchon aux maudits volcans-empêcheurs-de-virer-en-rond. J'ai une belle robe noire que je veux pouvoir mettre une fois dans ma vie. De plus, plusieurs vols importants sont prévus dans les prochaines semaines. À savoir: le vol de mes parents. Le vol de retour de mes parents. Mon vol de retour. Compris?

mardi 27 avril 2010

Saudade


Un ami m'avait dit un jour dans un élan de "critiques" (j'appelle cela "critique", positive ou négative, bon ça dépend du point de vue) que je vivais ma vie par chapitres. Que j'étais une fille de débuts et de fins perpétuels, comme si l'idée de continuité était absolument incompatible avec ma personnalité ou mes objectifs de vie... Pas tort le Nico.

Je réfléchis beaucoup à ces mots d'esprit depuis quelques temps. Mes amis me demandent quand je reviens. Mes collègues me demandent quand je pars. Mes parents se préparent à faire leur valise en vue de parcourir la Bavière à dos de DB. C'est le début de l'été, les journées sont longues et j'ai transféré mon salon/salle à manger sur le balcon. Je fais mon nid. C'est une véritable serre l'après-midi! Je fais le point. Je pense au retour. Maintenant qu'il est imminent, mon mal du pays du départ semble devenir un mal du retour, comme si ma vie ici me satisfaisait vraiment finalement et que l'éventualité de tout devoir recommencer me foutait la trouille.

Kundera encore une fois posera les mots exacts sur mes incertitudes en parlant du lien existant entre nostalgie et ignorance.

"The Greek word for return is nostos. Algos means "suffering". So nostalgia is the suffering caused by an unappeased yearning to return. (...) Often it means only the sadness caused by the impossibility of returning to one's country: a longing for country, for home. What in English is called "homesickness". Or in german "Heimweh". In Dutch: "heimwee". (...) In Spanish "añoranza" comes from the verb "añorar" (to feel nostalgia) which comes from the catalan "enyorar", itself derived from the Latin word "ignorare" (to be unaware of, not know, not experience; to lack or miss). In that etymological light nostalgia seems something like the pain of ignorance, of not knowing. You are far away, and I don't know what has become of you. My country is far away, and I don't know what is happening there."

Ce rapprochement entre l'ignorance et le mal du pays me plaît. C'est justement de l'ignorance, ne pas savoir, dans ce cas, ce qui m'attend au retour. Ce thème du retour après une longue absence a souvent été abordé dans la littérature... rappelez-vous aussi de la chanson Volver, ce tango de Carlos Gardel dont j'avais publié les paroles ici-même:

Je devine le clignement
des lumières qui au loin
vont jalonnant mon retour;
ce sont les mêmes qui éclairaient
de ses pâles reflets
les heures profondes de la douleur.

Et malgré moi de retour,
au premier amour on revient toujours.
La calme rue où l'écho t'a dit:
"à toi sa vie, à toi sa dévotion"
sous le regard moqueur des étoiles
qui impassibles me voient revenir.
J'ignore où je veux en venir. Je veux parler du retour, simplement. Pour mieux comprendre ce sentiment si étrange qui nous accompagne sur le chemin de la Maison... Peur, extase. Douleur, joie. Un sentiment de perte de ce qui est laissé derrière mêlé à l'enthousiasme de retrouver les nôtres. Oui, l'idée de perte est mêlée à celle des retrouvailles. Les retrouvailles seront sublimes, évidemment. Alfred de Musset a dit: Le retour fait aimer l'adieu. Toutefois, après un temps, la vie reprend son bonhomme de chemin et vous aussi devez avancer et retrouver vos repères. Il faut se créer d'autres souvenirs, parce qu'avoir deux vies parallèles à 10 000 km de distance, c'est impossible.

Pour vous dire quoi, mes amis? Eh bien, rien. Que la vie continue. Que mon séjour allemand tire à sa fin. Que j'anticipe un peu. Que je me sens ici complètement déconnectée du monde et que m'y reconnecter me fait peur. Que je sais que mes amis assistants vivront la même chose que moi et puis bon... je sais que certains me lisent et j'espère qu'on se retrouvera quelque part tous ensemble pour se créer une petite bulle d'Allemagne le temps d'une soirée, comme si l'Allemagne était une secte, l'allemand un code secret, et qu'il fallait faire partie des initiés pour savoir. Pff. C'est super snob cette façon de pensée, mais en quelque part au fond de moi, ça me fait du bien.

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Petit update: Charlie est immortelle. Elle a trouvé elle-même un poison que le propriétaire m'a donné et que je refusais de lui donner maintenant vu que c'est super chimique et elle s'en nourrit depuis une semaine. C'est une super souris ninja turtles!


dimanche 18 avril 2010

À la suisse


Ce que Markus n'aime pas:


  • L'Allemagne, les Allemands, l'accent allemand en allemand.

Chaque fois qu'il disait à ses potes qu'il passerait la fin de semaine en Allemagne, on lui répondait: "WTF qu'est-ce que tu vas faire là-bas??" Rendu à Miltenberg, il a voulu demander des indications et l'a fait en anglais (l'allemand est sa langue maternelle, en passant), juste pour pouvoir se moquer de l'anglais très sommaire du monsieur qui l'a aidé. Voyant la générosité de l'homme qui l'a conduit jusqu'au pas de ma porte alors qu'il ne vivait même pas dans les environs, il s'est racheté, en bon suisse qu'il est, en lui donnant 10 euros. :P

  • Les petits chiens (en fait, pas qu'il n'aime pas, il a "peur" des petits chiens, sauf de Stradi, évidemment.)
Le problème est que certains connaissent déjà Wouschi, le chien de mes propriétaires... bête ignoble et immonde pour laquelle je me réveille la nuit, simplement dans le but de le détester. Petit rappel: Wouschi est laid, poilu, gris et blanc. Il ressemble étrangement à ma brand new moppe, mais juste après l'avoir utilisé et essoré dans de l'eau grise et sale. Il jappe sans arrêt à toute heure du jour et de la nuit. Il déteste tout ce qui passe l'entrée principale, moi encore plus depuis que je lui ai donné une tape sur le nez (wooo SPCA, c'est arrivé une fois) Markus, 6'4, 230 livres (approximation), était ma foi terrorisé.

  • Mes ustensiles de cuisine (rappelons qu'il est suisse, et qu'en plus il est chef. huhum)
Il fait les meilleures omelettes de l'histoire de l'humanité, pour la simple et bonne raison que même moi qui n'a jamais aimé les omelettes, j'accepte d'en manger. Il a voulu mourir devant la piètre qualité de mes ustensiles de cuisine mais, voyant l'enthousiasme avec laquelle je le suppliais de me faire un de ces chefs d'oeuvre, il s'est exécuté. Évidemment, il s'est promis d'apporter ses propres couteaux et poêles la prochaine fois qu'il viendrait à Miltenberg, pour ma fête en mai.


Ce que Markus aime:

  • Le Canada
Ma citoyenneté semblent clancher sa haine pour l'Allemagne et je m'en réjouis, surtout quand je le vois immanquablement se pointer avec son chandail écrit "Canada" en immenses lettres blanches sur fond rouge. Markus était, avant même les JO de Vancouver, le plus Canadian de tous les Suisses.

  • Cuisiner pour moi et manger au resto
Je n'ai rien demandé, voyez-vous, mais ma présence évoque chez lui une irrésistible envie de manger des fruits de mer... Ce qui n'est pas évident à trouver en plein centre de l'Allemagne, donc à la limite du continent européen. Qu'à cela ne tienne, il s'est appliqué à trouver le meilleur restaurant de fruits de mer de Francfort (ville où ma foi moi-même je ne vais jamais) où nous avons mangé comme des rois. Ainsi donc, quelques part entre Miltenberg et Frankfurt, en Allemagne, on pouvait voir filer dans une voiture tchèque une Canadienne et un Suisse, se dandinant sur de la musique suédoise dont vous avez un exemple sur ce blogue. Nous avons visité la ville (qui est finalement beaucoup moins ennuyeuse que je me plaisais à l'affirmer), longé le Main, la rivière qui traverse aussi Miltenberg et nous avons eu une journée absolument parfaite, fidèles à notre habitude et, qui plus est, sans un seul avion dans le ciel (un apprenti pilote remarque ce genre de détail, pas moi!)

  • Moi (et c'est partagé)
Notre amitié a eu raison de Wouschi avec qui il a accepté de vivre sous le même toit pendant deux jours, malgré que sa présence l'ait hanté chaque fois qu'il devait sortir dehors. Voyant son angoisse devant Wouschi, j'ai abandonné l'idée de lui demander de chasser ma souris. Petite mise à jour: à défaut de la tuer, je l'ai rendue propre. Aucun caca cette nuit! Bravo Charlie!

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La présence de mon ami tombait à point cette fois encore, alors que m'était annoncée par un courriel de ma mère une autre triste nouvelle.

Pas que j'aie envie de la raconter sur mon blog et de rendre public le chagrin de ma famille.

Cependant, parce que je sais qu'ils me lisent, ceci s'adresse à vous:

Malgré la distance, malgré l'apparente absence par laquelle je "brillerai" lors de cette journée du 21 avril 2010 alors que toute la famille sera réunie, malgré la tristesse et le sentiment d'impuissance qui nous lient devant une telle fatalité, je serai avec vous en pensée, maintenant, mercredi et jusqu'à mon retour.

Crois-tu que la vie soit un passage d'une mort à l'autre? Faut-il vraiment transiter par tant de morts pour arriver à vivre?
- Fernand Ouellette


jeudi 15 avril 2010

Un 'tit vent d'fraîcheur


Comme je suis dans un moment de ménage du printemps, je me suis dit que le blogue, grandiose (on se donne de l'importance non?) témoin de mes aventures autour du monde, devait lui aussi faire peau neuve.

La photo de profil, le design (pas trop trop de mérite sur celui-ci quand même).. j'ai même ajouté des adresses de blogues publics qui peuvent vous intéresser. (c'est la partie pub)

Les soubresauts: le blogue d'un copain en littérature qui est ma foi de plus en plus drôle.
Tergiversations autour du monde: celui d'un autre voyageur, mon futur mari (je vous dis ça tout à fait accessoirement afin que vous ne soyez pas surpris par les faire-part), avec qui je m'efforcerai de combattre avidement la loi de Murphy à mon retour au Québec. Il croisera ma route (ou plutôt mon sur-place) à Miltenberg au début du mois de mai. Il est présentement quelque part à Montréal, à l'aéroport ou pas loin, et il attend sûrement plus qu'impatiemment de s'envoler pour l'Égypte!

Ce froid si spécial des matins de voyage
l'angoisse du départ,
cette chair de poule qui part du coeur pour atteindre la peau,
qui pleure virtuellement malgré la joie.
- F.P. (allez vous finir par la savoir par coeur cette citation??)

... j'entends Charlie qui piétine. Ce soir j'vas l'avoir.

Homicide volontaire


Salut. Je m'appelle Charlie die Maus.

Je vis en colocation avec une jeune femme qui a tenté de m'assassiner hier soir. Ceci est une histoire vraie comme je suis là.

Moi je fais ma vie tranquille, vous savez, l'ordinaire... je piétine, je bouffe, je chie. Tout ce qu'il y a de plus normal. Pendant les deux dernières semaines, je faisais une vie de pacha: j'avais du spaguetti intégral à profusion, je mangeais du chocolat à l'orange pour dessert, j'avais des pommes de terre qui attendaient là... et puis un jour plus rien. Pour protester, je suis devenu incontinent, et ah la bouffe est revenue la nuit suivante...! Dans un plateau d'argent plus gros que moi m'attendait... de la FA-RI-NE. MMmmm... Mais oh! Elle a un goût bizarre la farine!! (N.D.L.R: ben oui j'avais mélangé du plâtre avec!) Oh!! On tente de m'empoisonner!! Je le savais!!

Nanooou! Moi qui pensait qu'après ton chien pendant toute ta vie et ton pigeon (dégueulasse!) cet été, tu avais besoin de la douce compagnie d'un animal domestique!!

NOOOON.

N.D.L.R: Aucune trace de Charlie, ni de ses compatriotes, s'il en est. Je n'ai aucune preuve de mon meurtre. Au pire, je recommence et elle va s'affaiblir ou se constiper, c'est selon.


vendredi 9 avril 2010

Como culo y mierda*

L'Allemagne ça sent la Bratwurst et c'est parsemé de têtes blondes.

L'Espagne, ça sent la mer et les gens sont de vraies cartes de mode.

Moi, j'arrivais la tête pleine de questionnements et de problèmes fictifs comme on aime parfois s'en faire pour passer le temps, et puis voilà, il y a la mer, il y a Jade, puis Carla, il y a le vin, la bière pas buvable, le vice, la musique, Sexy Bitch (chooou! :(( ), les hommes trop pas allemands qui insistent et qui m'énervent, la mer, les filles trop espagnoles qui vous incluent dans leurs histoires farfelues de mecs ("que cabron!") et de filles-ennemies ("que zorra!!") qui deviennent mes ennemies, l'accent et les expressions qui vous font mourir de rire, des souvenirs trop lointains qui me reviennent en mémoire de l'Argentine, les rochers, les heures interminables à trouver les yeux de la mer et à relire dans ma tête Alessandro Barricco à basse voix, il y a le sable qui entre dans les souliers et le coucher de soleil qui déchire le ciel, immanquablement lorsque le jour s'épuise.

Il y a l'horaire-qui-tue: levée10h/dîner15h/souper23h/sortie/rentrée6hdumatapresunhamburger. Le jamon ibérico, le bonito, le lunch sur la plage et les gens qui courent sur le rivage; il y a le vent, la chaleur du soleil et le souffle glacé de l'ombre. Il y a Carla, avec sa voix profonde et son sens de l'humour bien à elle, ses cheveux dressés sur la tête et ses yeux cerclés de noirs, elle vous fait rire sans le vouloir, vous désespérera par son absence de notion du temps, elle vous curera de tous ces doutes qui assombrissent le regard.... ce qu'elle peut être belle la vie quand Carla a un fou rire! Il y a Jade, imprégnée par la grande ville et par son style de vie marginal, par sa manie d'être... elle, envers et contre tous, toutes ses phrases commençant en espagnol et terminant en anglais ou en français ou les deux, Canadienne-anglaise de mon coeur, réunion des trois solitudes dans la Barcelone de Gaudi, le trio devant un bocadillo, on délire, lescabronsonlesemmerdetous, l'amitié entre filles ça me manquait, l'absence de tension ou d'attentes d'un côté ou de l'autre, on est ensemble et on rit. C'est ça. Quand se retrouverons-nous de nouveau....? Et où? Sais pas. Ce que je sais, c'est que j'ai passé deux semaines parfaites avec ces deux filles, como culo y mierda, que je parle maintenant hispano-allemand de retour à Miltenberg et qu'elles me manquent.... irrésistiblement.




* Expression tout-à-fait appétissante (fiez-vous à votre intuition linguistique pour la traduction mot pour mot...!) qui veut dire "comme les deux doigts de la main".