mercredi 15 octobre 2008

Promenade sur Mars

* Musique: The End, The Doors


Fiche papa (ou technique!) :)

- Lieu: Salar d'Uyuni, sud-ouest de la Bolivie
- Altitude: 4000m a 5000m au-dessus du niveau de la mer
- Activites: Visite de l'immense desert de sel, route des lagunes "de couleur", 2 nuits dans un hotel de sel, decouverte de l'etrange monde de Dali...
- Duree du sejour: 4 jours
- Destination suivante: Cordoba, mon "chez-moi" sudamericain!

Je vous espionne de ma fenetre, promeneuse qui avez un chien...
Vous et le chien vivez sans doute sur une autre planete...



Malgre la musique tres derangeante de notre chauffeur qui joue a repetition depuis 2 jours, ce sont les premieres notes qui me sont venues a l'esprit en voyant l'eau rougeatre de la Laguna Colorada, aspirante au titre tres convoitee de "merveille du monde naturelle". Alors que j'essaie de me rememorer des paroles exactes de la chanson d'Offenbach, le vent fouette mon visage. C'est lui qui rend l'eau encore plus rougeatre. Spectacle tout-a-fait etonnant.


La longue route et les nuits froides m'ont donne l'impression de voyager sur la Lune, sur Mars, sur Venus... je ne sais pas, mais pas sur la planete bleue. On imagine la Terre couverte de forets luxuriantes, d'eau, de neige meme (Quebec oblige!)... mais les deserts, on oublie trop souvent les deserts, l'air sec, le sable, l'absence de vie humaine sur des kilometres. J'ai passe maintenant tellement de temps dans le desert que je vous le confirme: il existe d'immenses territoires inhabites sur cette planete.


... Ou l'homme que je suis quoiqu'il en pense n'a pas acces... ni de pres... ni de loin...


(Pensee rapide: j'ai ecoute de force dans le train le film "I am legend" avec Will Smith et ca m'a fait faire des cauchemars. Le positif dans tout ca, c'est que tout de suite apres, j'ai decouvert ici le lieu parfait pour me cacher de la race humaine potentiellement devenue zombie sanguinaire. Je me fais une hutte et je vis en Bolivie au milieu des lamas. Voila. Fin de la pensee rapide.)

Cette expedition ultra-encadree fut extremement agreable, mais egalement la derniere etape de mon copinage avec Mani l'Autrichien, avec qui j'ai passe les 5 dernieres semaines. Les adieux furent brefs mais arrache-coeur... Mais quelle braillarde je fais! Moi qui pensais etre bien au-dessus de l'attachement, moi qui pensait bien me tirer de toute relation qui s'efface aussi vite qu'elle s'est construite! Eh bien j'etais la a me vider de mes larmes, me bourrant de chocolat affectueusement donne par une comparse de l'expedition qui crut, avec raison, que c'etait le temps d'un peu de solidarite feminine! Je ne regrette en rien ma vie temporaire de SDF (sans domicile fixe), mais je vous dis une chose: sachez apprecier les gens qui vous entourent et surtout le fait qu'ils RESTENT pres de vous. (ca exclut le fait que je parte tout le temps ca, d'accord?)

Je suis de retour en Argentine maintenant, chez Tito qui me prete son appartement en son absence pour la fin de semaine. Je vais faire le plein de soleil, de viande et de yogourt probiotique! Parlant de faire le plein, le plus bel Argentin du monde trouve que j'ai maigri durant mon sejour... ce qui ne m'etonne pas, etant donne mon etat physique plus ou moins ideal des dernieres semaines. Je vais me payer de petites vacances de mes vacances! :D

Aussi, tres bientot, dans moins d'une semaine, petite maman vient faire son tour dans l'hemisphere sud et j'irai la chercher a Buenos Aires. J'ai hate de la voir, j'ai hate de la voir arriver avec son chapeau soleil et ses lunettes fumees! C'est le printemps ici, les paysages verdissent, c'est moins sec, enfin! Je vais pouvoir sortir mes sandales sans que tout le monde me regarde avec des yeux ebahis! (pour eux, avant le 21 septembre, il est physiquement impossible de mettre des sandales, peu importe qu'il fasse 15 ou 40 degres!)

Vivement l'ete!!

mercredi 1 octobre 2008

Somewhere, en cualquier lugar

* Musique: Unintended, Muse


La tete dans les nuages.

Seule, encore et toujours, ou plutot en tete-a-tete avec le dieu-soleil qui s'eclipse apres une longue journee.

Si l'on en croit une legende inca, il serait ne en ce meme lieu ou je le regarde disparaitre. Autour de moi, un lac sacre, une merveille naturelle, une ile perdue au centre de nulle part ou au milieu de tout. Le vent me chuchote a l'oreille les croyances toujours vives des habitants de l'ile, et je me laisse bercer par la lumiere.

Soudain, il fait froid. Je dois partir.
Il est disparu derriere les montagnes mais je sais qu'il reviendra.

J'ai longuement pense a l'absence. A vous, qui etes loin. Ou peut-etre est-ce moi qui est loin?

A mon retour de l'ile, il y a cet ami, qui semble parfois mieux me connaitre que moi-meme, qui m'ecrit ces mots dont j'ai besoin.
"Je sais que tu m'entendras même quand tout l'univers se tait autour de toi", ecrit-il, alors que mes yeux s'emplissent de larmes. Je peux presque sentir ses bras autour de moi, son souffle dans mon cou. La Bolivie ou le monde, ou l'univers, quelle importance? J'entends distinctement les belles melodies de sa guitare, je le sens vivre a mon rythme, et moi je vis a son rythme.

Si l'on ressent tellement la distance entre nous et une personne absente, peut-etre devrions-nous nous poser quelques questions...

Est-ce elle qui est partie?
Ou est-ce moi qui ne l'a pas suivie...?

Je ne ressens ici l'absence de personne. Je suis complete et parfaitement heureuse. Les priorites sont ce qu'elles doivent etre, toute chose a sa place bien precise, les gens, la langue, nous faisons tous partie de la meme planete, nous cherchons tous a repondre aux memes questions. Il n'y a ni peur, ni inconnu. Les liens se tissent facilement et se defont aussi, en laissant une trace indelibile.

C'est peut-etre un autre monde, bien different de celui dans lequel j'ai grandi. Mon monde a moi est magnifique, unique, c'est "chez moi", mais j'apprecie celui dans lequel je flotte depuis quelques mois. Il n'est pas sans danger, il est parfois choquant, sale, destabilisant... mais il est vrai, indiscutablement vrai. Sans colorant, ni additifs. La race humaine pour le meilleur et pour le pire. A mon retour, tout ceux que j'aime auront change avec moi. Je les regarderai avec de nouveaux yeux. Et je sais que je ramenerai avec moi une petite partie du monde dans lequel j'aurai vecu...

Ceux qui voudront me voir telle que j'etais pourront le faire, je reste moi, irresistiblement moi.
Toutefois, ceux qui sauront percevoir ce petit quelque chose de different seront ceux qui auront voyage avec moi tout ce temps... Voila pourquoi je ne ressens aucune absence, aucune solitude.

Alors que je m'apprete a poursuivre mon chemin vers le sud de la Bolivie, vers d'autres immenses et aveuglants deserts, j'ai besoin qu'on me fasse confiance. Qu'on me laisse partir. J'ai besoin qu'on arrete de me dire de faire attention, d'etre raisonnable. Je sais exactement ce que je dois faire, ou je dois etre. J'ai, pour la premiere fois de ma vie, pleinement confiance en moi.





jeudi 25 septembre 2008

Machuuuuu!



Ne vous faites pas de soucis, en touristes responsables que nous sommes, il ne restait aucune trace de notre passage par la suite!

Je vous laisse sur d'autres photos...





Cuzco



Le canyon Colga

jeudi 18 septembre 2008

Page blanche

* Musique: Bendita la luz, Mana







Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir passe le deux derniers mois dans le desert, en haute altitude, de m'etre fait bruler la peau et les cellules du cerveau par le soleil, mais je suis vraiment victime d'un constant syndrome de la page blanche. Il me semble parfois avoir de bonnes idees, tres tard, alors que je suis sur le point de plonger dans un sommeil que je souhaite profond mais qui l'est rarement... alors je pense aux peripeties que je pourrais raconter, aux anecdotes qui me sont arrivees, aux gens que j'ai rencontre. Je ne manque pourtant pas d'inspiration pour mon carnet de voyage Betty Boop qui se remplit a une vitesse etourdissante. Et ce n'est pas que les lieux que je visite ne m'inspirent pas... au contraire. Mais un episode de la vie ne devient-il pas une aventure lorsqu'on lui donne un commencement et une fin?
Le probleme, c'est que la vie coule tranquillement, que les aventures se suivent si naturellement qu'elles semblent commencer et se terminer a chaque minute. Apres 3 mois a trotter, la routine est de changer d'endroit chaque jour, de se lever et de se demander comment on occupera cette nouvelle journee. Nous n'avons plus l'impression de perdre notre temps lorsqu'on s'arrete, non, "on en profite" encore plus lorsqu'on prend le temps de s'arreter et de respirer la vie telle qu'elle se vit en ce lieu qu'on apprend a connaitre doucement. Et puis comment decrire cette vie faite de longs silences? Par chance, mon partenaire de voyage est exactement sur la meme longueur d'ondes que moi. Depuis notre arrivee au Perou, nous avons chacun notre tache: moi, je m'occupe de la "gringo tax". Mes talents de negociatrice sont rudement mis a l'epreuve lors de chaque achat. Lui, son travail est de me faire ralentir le pas... et de me calmer les nerfs quand je pense m'etre fait avoir par un habile peruvien! Ca a l'air idiot, mais je me rends bien compte de mon background de nord-americaine pressee! Je suis devenue une vegetarienne temporaire sous son influence et en plus, je me suis mise a l'allemand! Le plus bel Argentin du monde n'aimerait surement pas cette nouvelle, mais bon, il ne peut pas lire ces quelques lignes!

Je ne veux pas ecoeurer personne, mais je suis maintenant dans l'une des plus belles villes du monde, la plus vieille ville continuellement habitee des Ameriques, et j'ai nomme... Cuzco!! Les trajets d'autobus des derniers jours ont ete particulierement penibles, alors nous resterons dans les alentours pour quelques temps sous pretexte d'une overdose de tout transport en commun! Et ouf... comme vous le savez, j'ai une haaaate de voir le Macchu Picchu... Je vous reviendrai la-dessus.
:)

vendredi 12 septembre 2008

Rien n'arrive pour rien!

* Musique: L'excessive, Carla Bruni


Eh bien, je peux dire que le fait d'avoir du rester a Cordoba quelques jours de plus en raison de ma situation corporelle precaire va peut-etre m'avoir sauve de mon eventuelle pire experience de vie.

Changement de programme: j'oublie la Bolivie.

J'etais toute enthousiaste de m'etre fait un ami avec qui voyager, un Autrichien avec qui j'ai un pacte: je lui apprends l'espagnol et lui m'apprend l'allemand. Et la, alors que nous approchons de la frontiere bolivienne, nous apprenons que les frontieres sont fermees et qu'il est donc impossible d'aller au pays, en raison de manifestations qu'il y a eut dans les derniers jours dans certaines villes.

D'apres les informations collectees, la crise a l'air assez serieuse. Nous allons suivre tout ca a distance... Nous allons voir ce qu'il y a a voir dans le nord de l'Argentine, puis nous traverserons au Chili pour nous rendre au Perou. Je vais eventuellement aller chercher de l'information aussi sur le Perou, afin de m'assurer que tout est correct de ce cote de la frontiere...

Restez donc tranquilles, je suis bien en securite ici!
:)

mardi 9 septembre 2008

Où sont passes les dinosaures?



Il etait une fois...

Un peintre.

Un peintre tres selectif.

Aujourd'hui, s'il vivait encore, il serait tres vieux... quelques millions, milliards d'annees, tout au plus.

C'est le premier artiste de tous les temps. Il est tellement vieux qu'on a oublie son nom, ou encore on lui en a donne des dizaines, et puis personne ne s'est entendu sur son "vrai" nom et ca a fait des disputes tellement inutiles! Cela lui importe peu... il se cache depuis des millenaires derriere son oeuvre et savoure probablement les "wooaa" qu'il entend parfois des voyageurs qui ne sont pas encore trop blases de voir ses milles merveilles...

Dans le nord argentin, il a sorti son pinceau et son burin et s'est mis au travail, avec tout l'acharnement dont il etait capable. Il a choisi un lieu desertique, une terre aride inaccessible, une vallee a 1600 metres d'altitude ou le soleil ne pardonne pas et que seuls les plus temeraires pourraient atteindre... la beaute se meriterait-elle?

Quoiqu'il en soit, l'oeuvre achevee, la Quebrada de Cafayate, merite qu'on brave les elements. Les photos seront rares, je viens tout juste de vous dire que je suis loin, tres loin... ca ajoute au realisme. :)



P.S.: Pour ceux qui aiment vraiment tout savoir de ma vie (quels pervers!), voici quelques details des derniers jours.
Je suis restee plus longtemps que prevu a Cordoba, pour cause de maladie et d'Argentin beaucoup trop attachant..! C'est dur de se separer de ces petites betes-la, vous savez... j'ai du me resigner tout de meme pour au moins le prochain mois, et je me suis lancee dans ma galere qui devrait me mener jusqu'en Bolivie. Sur la route, j'ai rencontre une Americaine qui m'a fait ressortir mon anglais du dimanche, enfoui tres loin qu'il etait. Nous nous accompagnons mutuellement jusqu'a ce que nos chemins se separent... et ca risque d'etre demain. J'ai decide de rester un peu plus dans la petite ville ou je suis parce que c'est joli, propre, et qu'il ne fait pas -30 la nuit. Je m'y plais. Je commence a avoir le reflexe de me nidifier, de me trouver un endroit tranquille et me faire mon petit cocon... La preuve que le desir de securite nous suit meme lors du plus beau voyage...!

mardi 2 septembre 2008

Mimitisme

* Musique: Hasta siempre Che Guevara, Pierre Barouh




Ce n'est pas qu'on fasse une obsession sur le Che, non, loin de la, mais nous avons decide de pousser notre zele jusqu'a se lancer nous-memes dans un "road trip" de 4 jours, mais pas sur une "Poderosa" comme l'imposante moto de l'ami Alberto Granado...


Nous avons pousse l'audace bien plus loin en nous armant d'un minuscule scooter au klaxon strident pour arpenter les routes de terres de la tres desertique province de Cordoba.



Mon hote est un adepte du tourisme en pleine nature... et je vous dirais qu'en effet, je me suis reconciliee avec la nature. Victime d'une insolation due a mon peu d'habitude au soleil hivernal sud-americain, je vous dirai simplement que j'ai atteint avec Tito un niveau d'intimite que je n'avais jusqu'a present qu'avec ma mere!
Heureusement, c'etait l'endroit reve pour ne rien faire et recuperer. Je vous laisse donc sur quelques photos... malheureusement, je n'ai pas de photos du plus impressionnant... c'est-a-dire du ciel completement couvert d'etoiles en l'absence de lumieres venant d'une ville quelconque.

Vous devrez venir pour le croire... ;)